Le sommeil est un bien précieux. Se coucher tard nuit. Mais se lever tôt pour voir le nouveau film d’Oliver Stone s’est révélé être une erreur déplorable. Que dire sur ce « WALL STREET L’ARGENT NE DORT JAMAIS » ? Ceci peut-être : "le mur de l’argent est tombé. Un mort : Oliver Stone". Le premier film du même nom avait le mérite du cynisme façon Paul-Loup Sulitzer. Ce second volet d’après crise financière semble avoir été écrit par un petit moraliste à deux sous. On y enfile perles et clichés avec une constance sidérante. Ladite crise bancaire et immobilière y est expliquée façon « La crise pour les nuls ». On se contentera de penser que Stone méprise suffisamment le grand public américain pour lui servir ce brouet pédagogique et bien-pensant.

Certes, on y dénonce vertueusement les financiers odieux, mais on se montre quand même complaisant sur l’étalage de leur fortune. Car, dans ce milieu-là, voyez-vous, quand on est colère, mais vraiment colère hein, parce qu’on vient d’être lâché par ses pairs et qu’on a trouvé plus horrible que soi, on s’acharne sur un vrai Goya histoire de se passer les nerfs, ledit Goya étant évidemment une version de "Saturne dévorant ses enfants" dont vous aurez évidemment saisi qu’il s’agit d’une métaphore à l’éléphantesque légéreté : la finance dévore ses propres enfants sans le moindre état d’âme. Le reste est à l’avenant, c’est à dire téléphoné, lourdement appuyé par une effroyable et sirupeuse BO signée Craig Armstrong et filmé plus banalement que n’importe quelle série américaine de qualité. Quant au jeune trader héros vertueux (il veut faire du business vert avec le billet vert, quelle idée originale de scénariste, non ?) ressemble à s’y méprendre à notre Eric Besson national, ce qui ici constitue une faute lourde de casting, puisqu’il s’agit d’un rôle de super gentil. Quant à Douglas, il est au service minimum : on espère que le cachet lui permettra de placer un peu de son pactole en bourse. La question insolente du jour serait donc la suivante : mais que vient faire ce film ici, même hors compétition ? La prochaine fois, qu’on ne me réveille pas !

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