[scald=18301:sdl_editor_representation]par Eric Salliot

LONDRES (Reuters) - Jo-Wilfried Tsonga, tête de série n°12, a réussi mercredi l'exploit insensé de faire chuter Roger Federer, troisième mondial et sextuple vainqueur de l'épreuve, en quart de finale de Wimbledon.

Le Français s'est imposé 3-6 6-7 6-4 6-4 6-4 au terme d'une bagarre de trois heures et huit minutes. Vendredi, en demi-finale, il affrontera le Serbe Novak Djokovic, qui jouera sur ce match la place de numéro un mondial.

C'est la première fois que Roger Federer perd un match en Grand Chelem après avoir mené deux manches à zéro. Après le premier set, le Suisse n'a plus vu la couleur d'une balle de break.

Jo-Wilfried Tsonga devient le cinquième Français à atteindre le dernier carré sur le gazon londonien, après Henri Leconte, Cédric Pioline, Sébastien Grosjean et Richard Gasquet.

"C'est magique, j'ai joué incroyablement, tout est resté dedans. C'est fou car c'est peut-être le plus grand champion de mon sport. C'est vrai qu'à deux sets zéro, je me disais que les carottes étaient un peu cuites mais je me disais aussi 'On ne sait jamais, on va rester dedans'", a dit Tsonga.

"J'ai élevé mon niveau de jeu et ça a payé. Les stats de Federer, je ne les avais pas dans ma tête. Quand je sers pour le match, je me suis forcé à rester concentré sur la balle. A aucun moment, mon esprit n'est sorti. J'étais maître de mon destin. Si je sers à 130 miles sur la ligne, j'ai de grandes chances de le faire. Au bout compte, c'est ce que j'ai fait."

"PAS DE PLUS BELLE HISTOIRE"

Le Français, 26 ans, place ce succès au dessus de sa demi-finale victorieuse de 2008 à l'Open d'Australie face à Rafael Nadal.

"C'est définitivement ma plus belle victoire. Battre le joueur le plus titré de l'histoire dans son jardin, c'est juste un rêve. A Melbourne, il y avait eu 6-3 6-2 6-3. Aujourd'hui, il y a eu un vrai match", a-t-il ajouté.

"Gagner en cinq sets à Wimbledon face à Roger Federer, il n'y a pas de plus belle histoire. Maintenant, il va falloir passer au prochain match. Demain (jeudi), je serai relax et vendredi (ndlr, jour des demi-finales), je serai au top."

Jo-Wilfried Tsonga est surtout fier d'avoir pris sa carrière en main, début avril, après avoir coupé les amarres avec Eric Winogradsky, son coach depuis sept ans.

"J'ai fait des choix. J'ai décidé d'être plus autonome, de vraiment vouloir les choses et de les faire comme je les sentais. Je pense que je me suis responsabilisé. Ça m'a permis de mettre les yeux là où je ne voulais pas les mettre auparavant. J'ai surtout cessé de me plaindre pour des détails", a conclu le Français.

édité par Henri-Pierre André

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