Public Bourges
Public Bourges © Radio France / Culleron matthieu

Jeudi 26 avril

Au palmarès de la phrase Berrichonne le : « ah ouais !!! Tu les as vu ? et alors c’est comment ? » arrive cette année juste avant le « on peut pas faire un truc pour la pluie là ?!! » ( pour les curieux la troisième phrase la plus usitée est : « Pour le pot de la Région tu peux y aller maintenant le videur ne regarde pas les pass »)

Tout ça pour dire que le Printemps de Bourges est LE rendez-vous incontournable des professionnels de la musique . Les carrières des artistes en devenir se décident ici entre deux chipsters et un verre de Chablis.

Dans le train qui nous mène au Printemps on entend déjà les mots : « marketing », « «signatures », « licence » et « tour support » . Au départ ça fait un peu peur ensuite on s’habitue.

Pas étonnant donc que les artistes « découvertes » prennent ici une dimension particulière.

Laurent Saulnier, le programmateur des Francos et du festival de Jazz de Montréal nous oblige, quasi sous la menace, d’aller assister au mini concert de Monogrenade . Il faut dire qu’en à peine deux ans d’existence ces Québecois ont réussi à se faire une place de choix dans la profusion de bons groupes qui voient le jour de l’autre coté de l’Atlantique. Au carré d’Auron dans une atmosphère dissipée leur pop délicate fait forte impression. Leur premier album est sorti cette semaine en France. C’est un bon investissement.

monogrenade
monogrenade © Radio France / culleron matthieu

Dans les rues des animations parfois étranges , comme cet homme orchestre déguisé en girafe. Une mauvaise langue dit à son collègue en passant : « ah ben , voilà , tu vois ça de nos jours c’est un label de disque ! » .C’est la crise .

homme girafe
homme girafe © Radio France / matthieu culleron

Découverte toujours, avec Botibol venus faire un acoustique dans les studios du Mouv’ . Ces Bordelais sont issus d’un collectif qui est entrain de rafler bon nombre de prix découvertes. Avec Petit Fantôme et Crâne angels ils constituent à eux seuls un vivier inépuisable d’artistes. Influences anglo saxonnes irréprochables, il faudra compter sur eux pour les années qui viennent. C’est une certitude.

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Botibol © Radio France / Culleron matthieu

La soirée Hip Hop au palais d’Auron était l’événement du soir. Après Guizmo et Youssoupha c’est l’explosion 1995 ( Conseil : il faut prononcer tous les chiffres au risque de passer pour un ancêtre auprès des moins de 25 ans ) .

1995
1995 © Radio France / 1995 Bourges

Leur Maxi « La suite » a fait son petit effet . Le public jeune connaît toutes les paroles par cœur. Des vrais fans .

1995 public
1995 public © Radio France / culleron matthieu

Une attitude tout en réserve en conservant une puissance indéniable, qualités rares pour des artistes aussi jeunes.

A des kilomètres des clichés du Rap, les parisiens imposent avec sobriété leur hommage au Hip Hop des années 90 et ça marche . A voir ce live plus rien de pourra arrêter ces proches d’Orelsan.

1995 groupe
1995 groupe © Radio France / culleron matthieu

A quelques mètres de là, la tente Phénix est presque inatteignable. Il faut jouer des coudes pour tenter d’apercevoir Arthur H. Le frère d’Izia ( ou le fils de son père , c’est au choix ) est visiblement très en forme. « ça va les Bourges ? » demande t-il au public un brin compressé avant de proposer que Marine Le Pen devienne Ministre de la Culture. Les morceaux s’enchainent avec une grande sensualité et feraient presque oublier le gigantisme des lieux . Derrière son piano , debout , Arthur H propose un show cohérent ,méli-mélo de chansons intimes flirtant parfois avec le rock progressif. Les connaisseurs remarquent que Laurent Bardainne du groupe Poni Hoax et Limousine l’accompagne aux claviers.

Arthur H Bourges
Arthur H Bourges © Radio France / culleron matthieu

Arthur H laisse sa place encore chaude à Selah Sue qui fera un parcours sans faute et sans surprise . Des fans qui reprennent « Raggamuffin » en chœur . Le tube de la chanteuse belge au top de sa popularité .

C’est finalement Charlie Winston qui ferme la marche . Une prestation réglée au millimètre pour le plus français des anglais . C’est en France que l’homme au chapeau s’est fait connaître et aujourd’hui il récolte. Et là tout le monde vous dira que la récolte de « Hourras » , « bravos » et de « t’es super mignons » fût bonne ce soir là . Limite gênant.

Bourges Magic mirror
Bourges Magic mirror © Radio France / culleron matthieu

Charlie Winston qui termine comme tout le monde vers minuit au fameux Magic Mirror . Le lieu officiel de perdition qui ,avec l’hygrométrie sent un peut le chien mouillé mais peu importe. L’ambiance de vestiaire de piscine fonctionne à merveille. L’after du festival est ambiancé par des djettes à la sélection tubesque et la fête prend enfin le pas sur le coté business. Ouf, nous voilà rassurés !

Matthieu CULLERON

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