Eric Woerth Entendu ce matin chez Demorand. Personnellement je le trouve archétypique des élites-énarques brillantissimes qui ne comprennent rien à la vie – mais peut-être me trompé-je. Son raisonnement est simple : plus de travail, plus de croissance, et tout le monde sera plus heureux. Il devrait aller voir les Chti’s, un film qui fait beaucoup réfléchir sur notre société. Dans les Chti’s, la technique est modérée. Deux bagnoles (celles de la Poste et du héro, des vélos, pas d’ordis, pas d’Internet, pas de pression technique sur les cadres, pas de supermarchés et de banlieues hideuses...). Deux, les fonctionnaires sont sympas. Ce ne sont pas ces maudits « parasites » Trois, ils ne cherchent pas à vous refiler des timbres en couleurs ou des contrats d’assurance vie comme dans la Poste d’aujourd’hui. Quatre, le foot est quelque chose de sympa. Cinq, le collectif est essentiel, on s’entraide, ce n’est pas la lutte de tous contre tous, l’ignoble libéralisme. Les Chti’s, c’est à la fois l’anti-rapport Attali, et l’anti-bling-bling. C’est la France que nous avons perdu. Les Chti’s se marrent. Les français de Paris sont sinistres, avec des gueules d’enterrement et de salauds prêts à vous filer des coups de couteau dans le dos. Pendant ce temps, Woerth parle de la mobilité des fonctionnaires et de la généralisation de l’intérim dans la fonction publique. Woerth est un théoricien. En 1940, les généraux de l’armée française étaient les meilleurs théoriciens du monde. Ils ont pris la raclée que l’on sait et permis une humiliation dont la France ne s’est jamais remise. Lire « L’étrange défaite » de Marc Bloch, ouvrage proprement hallucinant, désespérant. Marc Bloch, soldat de 14, soldat de 40, résistant torturé et fusillé, raconte pourquoi les Chtis étaient les meilleurs soldats de la première guerre : ils avaient un sens du collectif pas possible. Ils étaient gais et s’entraidaient. Dans « Les Croix de Bois », le Ch'ti se fait tuer à la place du parigot dont il a accepté de prendre la place comme sentinelle. Marrant.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.