Avec la découverte d’un nouveau foyer de grippe aviaire, la filière volailles se voit couper les ailes à la veille des fetes. Sans, pour autant, que nos assiettes soient menacées.

Des foies gras frais de Montaut, dans Pyrénées-Atlantiques. Pour l'instant, seuls les élevages infectés sont abattus, mais les exportations françaises demeurent interdites.
Des foies gras frais de Montaut, dans Pyrénées-Atlantiques. Pour l'instant, seuls les élevages infectés sont abattus, mais les exportations françaises demeurent interdites. © AFP / GAIZKA IROZ

Service assuré dans l’Hexagone

Il y aura du foie gras pour la fin de l’année.

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, en visite au Mans, s'est voulu rassurant après la détection d’un nouveau foyer de grippe aviaire H5N8 "hautement pathogène" à Almayrac, dans le Tarn. Les mesures sanitaires ont été mises en œuvre pour contenir l’infection : abattage des canards de l’exploitation touchée et mise en place d’une zone de protection de 3 km ainsi qu'une zone de surveillance de 10 km.

L'événement fait suite à une nouvelle série d'infections commencée le 26 novembre à Marck, dans le Pas-de-Calais.

Pénurie à prévoir hors de nos frontières

La seule chose que [la récente détection] remette en cause, c'est le statut indemne qui permet ensuite de pouvoir exporter sans aucun problème.

Ce statut qu'évoque Stéphane Le Foll, la France devait le retrouver le 3 décembre. Une échéance désormais repoussée de trois mois. Et c’est bien là que le bât blesse : en 2015, la France avait exporté près de 5.000 tonnes de foie gras, sur les 19.200 tonnes produites dans l’Hexagone.

La filière menacée à moyen terme

On est certes encore loin des conséquences du gel de production décrété mi-janvier 2016 par le ministère de l’Agriculture. Il s’agissait alors, avec l’abattage de tous les canards du Sud-Ouest, d’éradiquer définitivement la maladie. La production ne devait reprendre que quatre mois plus tard. Résultat, sur les six premiers mois de 2016, les exportations de foie gras ont chuté de 27% à 725 tonnes et celles de foie gras transformé de 15% à 263 tonnes, selon le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog).

►►►ÉCOUTER | Les mesures de prévention, par Manuel Ruffez

David contre Goliath ?

Certes, les exportations vers le Japon, premier client de la filière hors Union européenne, ont généré 17 millions d'euros de revenus en 2015 (l’ensemble des exportations ont généré 60 millions). Mais pour le président des conserveurs-producteurs à la ferme, Pierre Lava, installé dans le Gers, ne pas retrouver le statut indemne n'aura "aucune conséquence" pour les petits producteurs car "si certains exportent en Europe, ils ne peuvent pas exporter hors de l'Europe", faute de moyens.

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