paris n'a pas encore confirmation de la mort d'abou zeïd
paris n'a pas encore confirmation de la mort d'abou zeïd © reuters

L'armée française hésite encore à confirmer la mort du leader d'Aqmi, mais reconnait aujourd'hui qu'il est "très probable" qu'il ait été tué. Elle se montre encore plus prudente sur le sort de Mokhtar Belmokhtar, un autre chef du réseau terroriste. Apres plusieurs jours de silence, l'armée française a finalement reconnu comme "tres probable" la mort d'Abou Zeïd, l'une des têtes d'Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi). Même si le chef d'état major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, veut rester prudent : "nous n'avons pas récupéré le corps", affirmait-il dans la matinée.

Pierre Camate est un ancien otage d'Aqmi, retenu pendant 89 jours après son enlèvement en novembre 2009. Il a rencontré à plusieurs reprises Abou Zeïd durant sa détention.

Le dirigeant islamiste algérien aurait été tué la semaine dernière dans le massif montagneux de l'Adrar des Ifoghas. Son décès, annoncé le 1er mars par le président tchadien Idriss Deby, n'a toujours pas été confirmé à Paris.

Quant à l'autre chef supposé mort d'Aqmi, Mokhtar Belmokhtar, il est à l'origine d'encore plus d'incertitudes. L'information est démentie par plusieurs sites islamistes jugés crédibles.

"Sur les forums djihadistes apparaissent depuis hier un certain nombre d'informations disant qu'il serait toujours vivant donc c'est la raison pour laquelle je serai moi-même d'une extrême prudence", a dit lundi l'amiral Édouard Guillaud.

Des sites liés aux djihadistes comme seules sources

Le site d'information mauritanien Sahara Media, qui entretient des liens étroits avec Belmokhtar et sa brigade des Moulathamine, cite une source proche d'Aqmi selon laquelle "le borgne" ne se trouverait même pas dans le massif des Ifoghas où se déroulent les combats, mais opérerait dans le sud-ouest du Mali, près de Gao. Cette même source confirme la mort d'Aldelhamid Abou Zeïd, mais souligne qu'il a été tué lors d'un bombardement de l'aviation française, et non par des soldats tchadiens. Interrogé sur ce sujet, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a appelé dans La Dépêche du Midi à "la prudence et à l'esprit de responsabilité à l'égard d'indications que nous ne sommes pas en mesure de confirmer matériellement à ce stade." "La priorité, c'est de saper les bases des terroristes, leur organisation, leurs moyens", a-t-il ajouté. Un objectif dont Edouard Guillaud estime qu'il est en passe d'être réalisé. "Nous sommes en train, je crois, de casser les reins d'Al Qaida au Maghreb islamique", a-t-il dit, faisant état d'une "organisation industrielle du terrorisme" sur le terrain.

Écoutez le chef d'état major des armées.

Après la mort d'un soldat français de 26 ans, samedi dans le nord du Mali, le chef d'état-major n'a pas exclu que d'autres morts puissent survenir côté français. "Bien sûr, ça n'est pas un jeu vidéo", a-t-il dit.

De leur côté, les familles des quatre otages enlevés au Niger en septembre 2010 par Aqmi sont inquiètes de l'intensification des combats, dans la zone où doivent se trouver les prisonniers. Ils demandent à la France, dans un communiqué, de marquer un temps de pause dans les opérations militiares de façon de montrer à Aqmi une "volonté de négocier".

Écoutez la mère de Pierre Legrand, l'un des otages, interrogée par Catherine Duthu.

Mots-clés :

Derniers articles


Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.