La corruption liée aux contrats d'armement révélée par l'affaire Karachi ne s'est peut-être pas arrêtée en 1995.

Le parquet de Paris n'a pas encore répondu aux magistrats qui s'intéressent à des commissions versées après 1995, mais les juges Renaud Van Ruymbecke et Roger Le Loire, chargés du volet financier de l'enquête sur l'attentat de Karachi, ont demandé le 3 novembre un réquisitoire supplétif.

Entendu presque chaque semaine au pôle financier depuis le mois dernier, Ziad Takieddine les a lancé sur la piste de nouveaux circuits de financement qui auraient bénéficié, non plus à la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, mais au camps du vainqueur : Jacques Chirac.

Entendu presque chaque semaine au pôle financier depuis le début du mois d'octobre, l'homme d'affaires a expliqué au juge que si le nouveau gouvernement arrivé au pouvoir en 1995 l'avait bien écarté du contrat Sawari 2, la vente de frégates à l'Arabie Saoudite, ce fut pour lui substituer un autre réseau d'intermédiaire. Ce réseau, qui impliquerait l'homme d'affaire Alexandre Djouhri (qui dément) et proche du pouvoir chiraquien, aurait détourné selon lui 1,4 milliard de francs (213 millions d'euros).

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J'ai confirmé que ce contrat n'a pas donné lieu à un arrêt des commissions, bien au contraire, les commissions ont continué à être versées, pour un montant d'un milliard 400 millions de francs, à d'autres destinataires, ayant un quelconque lien avec le pouvoir de l'époque, géré par Jacques Chirac et Dominique de Villepin

Ziad Takiedine

D'après Le Monde, lors d'une perquisition en avril dernier à la Sofresa, la société publique chargée des ventes d'armes vers l'Arabie Saoudite, les enquêteurs ont notamment saisis plusieurs avenants au contrat Sawari 2, signés entre mai 1997 (sous le gouvernement d'Alain Juppé) et juillet 2000. Les juges ont notamment découvert des versements de la Sofresa vers une société basée en Suisse.

En juin 2009, l'ancien ministre de la Défense Charles Millon avait affirmé avoir arrêté en 1996, à la demande de Jacques Chirac, le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions. Joint par téléphone, il assure aujourd'hui n'avoir rien à ajouter et "que les commissions ont bien été arrêtées".

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Lien image dossier Takkiedine © Radio France /

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