Pour certains pays, cette rentrée des classes n’est pas la première post-confinement. Israël, en particulier, doit tirer les leçons du retour de ses élèves en classe entre le 3 et le 17 mai. Une reprise qui a contribué au sursaut épidémique violent que connaît Israël depuis le mois de juin.

Une enseignante matérialise la distanciation sociale devant une école israélienne en mai dernier, à la fin du confinement.
Une enseignante matérialise la distanciation sociale devant une école israélienne en mai dernier, à la fin du confinement. © AFP / Emmanuel Dunand

Lorsque les jeunes Israéliens ont retrouvé leurs classes, entre le 3 et le 17 mai, après presque trois mois de confinement, les règles étaient strictes. D’abord, ils devaient se tenir au minimum à 2 mètres les uns des autres. Première difficulté, explique l'ancienne ministre de l'Éducation Yuli Tamir, puisque les classes devaient être divisées en deux.

"Évidemment, ça n’est pas possible partout. D’abord par manque de place, d’espace. Ce qui impliquera des ajustements. Mais aussi par manque d’enseignants, si l’on doit diviser les classes."

L’expérience du printemps dernier l’a montré, poursuit-elle : "En règle générale, les enseignants ne sont pas en surnombre en Israël. Mais là, c’est pire : la demande augmente, mais l’offre baisse. Les professeurs qui sont âgés, ou ceux qui ont des problèmes de santé, notamment, ne peuvent pas se rendre dans leurs établissements."

Les choses ont-elles changé depuis le mois de mai ? "Le ministère recrute des enseignants, pas forcément de la meilleure façon, mais ils s’efforcent de trouver du personnel en ces temps difficiles", assure Yuli Tamir. 

Des conditions encore difficiles

Des temps difficiles qui en appellent aussi à la responsabilité des jeunes Israéliens. En mai, tous devaient porter le masque et produire chaque matin une attestation de bonne santé signée par leurs parents. Mais très vite, les comportements se sont relâchés, témoigne Déborah, lycéenne à Jérusalem :

"Les gens avaient chaud. On portait moins notre masque. On a commencé à s'asseoir les uns à côté des autres. Et personne ne vérifiait vraiment les attestations." 

La situation sera-t-elle différente en ce mois de septembre ? Pour cette rentrée, les règles sont inchangées mais dans 24 communes du pays, où vivent plusieurs milliers de personnes, les écoles resteront fermées dans l'immédiat car le taux d'infection y est trop élevé. L’état d’esprit, lui, a-t-il évolué ? Il le faudra, si l’on s’en tient aux seules conditions météo. Comme à la mi-mai où le pays avait été frappé par une canicule intense où les Israéliens avaient boudé le masque, cette semaine, on attend en Israël des températures très élevées, entre 32°C et 44°C. Difficile, dès lors, de rester masqué et de garder les fenêtres ouvertes, la tentation des climatiseurs étant plus forte...

"C’est sans doute une erreur de reprendre en septembre. Beaucoup de gens, dans la communauté éducative notamment, demandent que l’école ne reprenne qu’après les vacances [des fêtes religieuses, Roch Ha'Chanah, Yom Kippour, Sukkot, à partir du 17 septembre, ndlr], début octobre. Ce qui donnerait du temps pour recruter des personnels, pour se préparer", estime l’ancienne ministre de l’Éducation, qui reconnaît d’ailleurs une erreur du printemps dernier :

"Peut-être qu'Israël a rouvert ses écoles trop vite mais il y avait une grosse pression."

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