Avec l'émergence du coronavirus dans le nord de l'Italie et de la quarantaine imposée à 11 villes au sud de Milan, c'est toute l'économie de la région la plus riche et la plus productive du pays qui est aujourd'hui paralysée. Deux secteurs sont particulièrement touchés : le transport et la logistique. Reportage

Reportage sur le plus grand pôle logistique de l'Italie du Nord, à Piacenza, touché par la crise du coronavirus
Reportage sur le plus grand pôle logistique de l'Italie du Nord, à Piacenza, touché par la crise du coronavirus © Radio France / Thibault Lefevre

Une ville souffre déjà des conséquences économiques de cette crise sanitaire : Piacenza. Située au croisement des autoroutes qui mènent à Milan et Bologne d'un coté et Turin et Venise de l'autre, elle héberge dans sa zone industrielle les plus grands acteurs du secteur : Amazon, Ikea ou encore Unieuro.

C’est sur l'un des parking de cette ZI que Diop arrive en camion de Milan pour décharger de l’électroménager. Sur le trajet du livreur, 70 kilomètres d’autoroute dont près d’un tiers à longer la zone rouge. Depuis la fin de la semaine dernière, son rythme de livraison s’est considérablement ralenti : "Avec la diffusion du virus, il y a moins de travail parce que beaucoup d’entreprises ont fermé leurs portes. Avant la crise, je faisais trois aller-retour par jour, maintenant, je n’en fais plus qu’un. Si la situation continue comme ça, on craint pour notre travail." 

Diop dépose ses marchandises dans l’immense hangar du géant italien de la distribution Unieuro. C’est de là que sort Oreste. Masque de protection sur le visage, cet ouvrier d’origine philippine vient de terminer sa journée de travail "C’est un peu bizarre, on n’a pas l’habitude de porter un masque. Il y a des gens qui craignent d’être contaminé. Il y en a une quinzaine environ qui ont décidé de rester à la maison parce qu’ils ont une famille, des enfants et ils ont peur".

Le plus grand pôle logistique de l'Italie du Nord subit la crise : personnel qui ne peut ou ne veut venir travailler, marchandises qu'on ne peut plus exporter
Le plus grand pôle logistique de l'Italie du Nord subit la crise : personnel qui ne peut ou ne veut venir travailler, marchandises qu'on ne peut plus exporter © Radio France / Thibault Lefevre

La crise sanitaire touche tous les secteurs de l’économie 

Selon, Attilia Jedini, la vice-présidente de la confédération générale de l'industrie italienne (Confindustria) locale, les difficultés ne font que commencer : "D'heure en heure nous voyons s'installer un blocage des marchandises entrantes et sortantes, explique-t-elle. Il y a aussi le problèmes des salariés car certaines entreprises - Piacenza se situant près de la zone rouge - ont des employés qui y résident et ne peuvent donc pas venir travailler. Problème aussi avec les employés censés voyager à l'étranger alors que de nombreux pays refusent de laisser entrer des personnes en provenance de cette région. Nous commençons même à avoir des difficultés liées à l'exportation de produits alimentaires de la région de Piacenza, des AOP notamment. Certains nous disent ne plus vouloir vendre de produits qui viennent de notre région. Ça devient un peu inquiétant..."

La région de Piacenza et plus globalement l’Italie, n’avaient vraiment pas besoin de ça… " La crise du coronavirus renforce la crise économique explique Attilia Jedini. On commençait déjà à en sentir les effets, avec le Coronavirus, la situation s’aggrave."   

À la fin de l’année dernière, l’économie italienne était en recul de 0,3%, et ça ne devrait pas s’arranger car la Lombardie et la Vénétie pèsent aujourd’hui pour plus de 30% du PIB du pays.

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