Comment relancer la consommation avant Noël et, en même temps, lutter contre l'évasion fiscale ? L'Italie a peut-être trouvé la solution. Le gouvernement va donner des primes à ses administrés qui dépensent… à condition qu'ils utilisent leur carte bancaire.

Pour bénéficier d'un remboursement d'une fraction de leurs achats, les résidents italiens doivent notamment payer par carte bancaire.
Pour bénéficier d'un remboursement d'une fraction de leurs achats, les résidents italiens doivent notamment payer par carte bancaire. © AFP / Sofie Delauw / Cultura Creative

Un achat effectué, 10 % remboursés par l'État italien. C'est le principe du bonus de Noël que va mettre en place le gouvernement pour le mois de décembre. Sous conditions, toutefois : il faut acheter avec sa carte bancaire, donc pas en espèces, dans les magasins en dur, ce qui exclut le commerce en ligne. Pour pouvoir prétendre au remboursement – au maximum, 150 euros, reversés sur un compte bancaire du bénéficiaire – il faut aussi réaliser un minimum de dix transactions, mais quel que soit la nature des achats : cela peut être un café dans un bar ou un sac à main haute couture, indifféremment.

Un jeu où l'on gagne à tous les coups et dont les règles sont simples : il suffit de s'inscrire sur l'application de l'administration publique italienne, d'être majeur, d'être résident en Italie et d'insérer son numéro de carte bancaire et l'IBAN du compte sur lequel on veut être remboursé.

Deux objectifs

L'initiative du gouvernement remplit deux objectifs : d'une part, stimuler la consommation, avant les fêtes mais pas seulement : 150 euros pourront être remboursés chaque semestre dans les même conditions (il faudra alors effectuer non pas 10 mais un minimum de 50 transactions), avec en prime la possibilité de remporter un "super bonus" : 1 500 euros chaque semestre pour les 100 000 inscrits qui auront réalisé le plus grand nombre de transactions sur la période.

Signe que l'incitation vise aussi et surtout à lutter contre l'évasion fiscale, en poussant les Italiens à payer davantage avec des moyens traçables et non plus en liquide. En Italie, l’évasion fiscale est évaluée à 110 milliards d’euros par le gouvernement, 180 milliards par l’association des contribuables italiens (et même 190 milliards par le cabinet britannique Tax Research LLP).

Selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique (Istat) publiés en octobre 2020, l’économie souterraine et illégale représente 11,9 % du Produit intérieur brut, soit 211 milliards d’euros. Cette économie est notamment constituée à 45,3 % d'activités "sous-déclarées", à 37,2 % de travail au noir et à 9,1 % d'activités illégales comme la vente de drogue et la prostitution.