Le sol d'une somptueuse villa romaine du IIIe siècle a été mis au jour cette semaine par des archéologues italiens. Et davantage reste sans doute à découvrir.

Le sol d'une somptueuse villa romaine du IIIe siècle.
Le sol d'une somptueuse villa romaine du IIIe siècle. © Page Facebook "Comune di Negrar di Valpolicella"

La magie s'est produite sous un vignoble de Negrar, à 15 kilomètres au nord de Vérone, en Vénétie. Là où cette semaine, des archéologues italiens ont exhumé une mosaïque : le sol, en fait, d'une somptueuse villa romaine du IIIe siècle. "Un sol de mille couleurs, recouvert de mosaïques raffinées et de motifs décoratifs", décrit à France Inter Jacopo Veneziani, historien de l’art italien qui travaille en France. Il précise bien qu'il n'a pas pris part à la découverte, mais l'a relayée à ses 25 000 abonnés sur Twitter :

Une villa romaine située dans une zone très prisée de l’Italie du Nord, à quelques pas du Lac de Garde, qui était une zone exclusive déjà à l’Antiquité. Vérone, la ville la plus proche, était un centre majeur du monde romain : "L’arène romaine de la ville, restée intacte, témoigne encore aujourd’hui de l’importance de la ville ancienne. Avoir une villa sur les collines autour de Vérone signifiait – pardonnez-moi le parallèle que certains jugeront vulgaire - vivre dans une sorte de Beverly Hills romaine", explique Jacopo Veneziani, qui vulgarise l’histoire de l’art sur les réseaux sociaux.

Des vestiges oubliés

Les vestiges de cette villa ont été pour la première fois identifiés dans les années 20. Problème : peu après leur découverte, ces derniers tombent dans l’oubli. Ce n’est qu'à l’été 2019 que les archéologues de la Soprintendenza de Vérone - la Surintendance responsable du patrimoine artistique et archéologique de ce territoire - recommencent les fouilles, stoppées net en février par la crise du coronavirus et qui ont tout juste repris ce mois-ci.

"Et après seulement une semaine de travaux, quelle découverte !", s'enthousiasme Jacopo Veneziani. D'autant plus que selon lui, ces mosaïques décoratives pourraient mener à des découvertes encore plus saisissantes : "Souvent, les mosaïques les plus importantes étaient dans la salle à manger, avec des scènes mythologiques, de bataille, qui servaient à stimuler l’échange entre les convives entre les repas." Des mosaïques épiques qui sommeillent donc peut-être sous le sol du vignoble...

"Ce patrimoine artistique a surgi de littéralement de nulle part"

"Des sols recouverts de mosaïques, on en connait déjà plein", souligne Jacopo Veneziani, mais c’est une découverte importante car ces mosaïques, ce patrimoine artistique a surgi de littéralement de nulle part, au-dessous d’un vignoble. La beauté est souvent moins éloignée qu’on ne le pense et une fois qu’on la découvre ou redécouvre, elle surgit vraiment en tant que don du passé."

Pour l'historien de l'art, il s'agit à présent de tout faire pour préserver cette découverte, la valoriser, la rendre accessible car il s’agit d’un "bien commun" : "Je souhaite que monsieur Roberto Grison, le maire de Negrar, ainsi que la province de Vérone et la région travaillent dans cette direction et n’oublient pas ce site, comme ça arrive parfois, une fois que l’enthousiasme de ces jours qui suivent la découverte se sera assoupi."  

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