Après une condamnation de l’État pour "faute" (par le tribunal administratif de Montreuil) dans un dossier de pollution de l'air mardi dernier, trois nouveaux cas sont examinés ce jeudi matin par la justice administrative à Paris. Nous avons rencontré l'une des victimes, celle qui a été la première à saisir la justice.

La pollution parisienne se voit à l'oeil nu ce vendredi matin
La pollution parisienne se voit à l'oeil nu ce vendredi matin © Radio France / Sandy Dauphin

Ce sont des cas aux dossiers médicaux très lourds, selon les associations qui accompagnent les victimes dans leurs démarches. Ils pourraient donc ouvrir la voie à une nouvelle condamnation de l’État, mais aussi à l'indemnisation des victimes (ce qui a été refusé à la mère et sa fille à Montreuil, malgré la condamnation prononcée).

Parmi les trois victimes présentes ce jeudi matin à l'audience, il y a celle qui a été la première à saisir la justice, que nous avons rencontrée. En ces pics de pollution, Clotilde Nonnez se cloître chez elle. Ventoline, brumisateur à portée de main. Et ses purificateurs d'air qu'elle n'éteint presque jamais désormais, malgré deux déménagements dont le dernier pour se rapprocher du bois de Vincennes.

"Il fallait que je le fasse, pour moi et pour plein d'autres gens"

Cette professeur de yoga de 58 ans est devenue asthmatique deux ans après son installation à Paris. Puis ce sont les bronchites, les pneumonies à répétition, jusqu'à cet épisode de forte pollution de fin 2016 où elle a "failli mourir". "Novembre 2016 a été extrêmement pollué", raconte-t-elle.

"Je ne pouvais plus respirer, j'avais des douleurs épouvantables au niveau du cœur, comme jamais je n'en avais eu."

En cause : une grave péricardite. C'est là qu'elle se décide : elle est la première à saisir la justice sur cette question et à médiatiser son cas.   "Ça a été difficile pour moi, de me montrer comme ça, de montrer ma fragilité, ma maladie, les médicaments, les ordonnances... J'ai pris ça comme une mission, il fallait que je le fasse non seulement pour moi mais pour plein d'autres gens : pour les enfants, les bébés, les personnes âgées... Mais aussi pour tous les gens qui pensent que la pollution ne leur fait rien, ce qui est totalement faux."

La condamnation de l'État pour "faute" par le tribunal administratif de Montreuil lui a donné espoir. Elle pourrait aussi en inciter beaucoup d'autres à se tourner vers la justice. Surtout quand on sait que la pollution tue près de 50 000 personnes par an.

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