Vendredi, la cloche sonnera les grandes vacances pour les écoliers, mais aussi la fin d'une carrière pour plusieurs centaines d'enseignants. Une année au goût d'inachevé pour beaucoup de ceux qui partent en retraite. Exemple à Crosne, en Essonne.

François Chouvin, enseignant en classe de CM2 en Essonne partira à la retraite dans quelques jours
François Chouvin, enseignant en classe de CM2 en Essonne partira à la retraite dans quelques jours © Radio France / Faustine Calmel

"Je ne pleurerai pas, non. Mais oui je serai triste. Triste de quitter mes élèves. Triste de n'avoir pas profité d'eux jusqu'au bout". Après 42 ans de carrière, dont dix à l'école Georges Brassens de Crosne, en Essonne, François Chouvin va décrocher dans quelques jours la frise historique et les nombreuses affiches qui tapissent sa classe de CM2. S'il n'est pas mécontent de quitter l'Education nationale - "le métier a bien changé depuis 1979", lâche t'il - il est déçu de terminer sur une année tronquée, amputée par le confinement et transformée par la crise sanitaire.

"J'aurais aimé sentir les jours s'égrener. Cela n'aura pas été le cas."

Le Covid-19 l'a non seulement privé de ses élèves pendant trois mois, mais aussi de plusieurs projets, dont une classe de neige, prévue en mars. "Il y a de la déception, dans le fait de ne pas avoir pu faire tout ce qui était prévu. Ce n'est pas une fin d'année comme je l'avais espérée ni imaginée. J'aurais aimé sentir cette pincée d'adrénaline qui serait venue pimenter les choses. Cela n'aura pas été le cas" se désole l'enseignant, qui reconnait malgré tout quelques effets positifs de ce confinement : "J'ai eu la chance de découvrir plein d'outils mis en place pendant le confinement et j'aurais aimé poursuivre dans cette voix dans les années futures, avec des outils informatiques très utiles à l'école". Des acquisitions qui ne lui serviront plus.

Un départ sans grande fête

Privé de contact et de partage avec ses 28 écoliers pendant trois mois, François Chouvin admet que cette fin d’année a un goût d’inachevé, et cela le fait réfléchir à cette carrière qui se termine : "cela oblige à faire un peu d'introspection, à se retourner un peu plus sur ce qu'a été l'école avec nous, parce qu'on a vécu autre chose. Je pourrais dire bêtement qu'au moins j'aurais tout connu, mais en réalité je regrette d'avoir vécu ça alors que je vais partir et perdre les élèves".

Des élèves qui lui préparent une petite surprise, pour le dernier jour d'école vendredi. "Et comme ce n'est pas vraiment possible maintenant, _je reviendrai en septembre_, célébrer ce départ avec les collègues. Finalement eux seront au travail, et moi déjà inactif, ce sera encore plus sympa", glisse l'enseignant dans un sourire. De toute façon, il prévoit déjà de revenir dans l'établissement régulièrement : "ma femme travaille ici, alors ce sera toujours une bonne excuse".

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