Depuis mardi matin, les universités des régions en alerte renforcée et maximale sont contraintes d'accueillir une jauge maximum de 50% de leurs étudiants. C'est le cas en région parisienne. France Inter s'est rendue à l'université Gustave Eiffel à Marne-la-Vallée.

Dans les universités en zone d'alerte maximale, une jauge de 50% d'étudiants en présentiel doit être respectée.
Dans les universités en zone d'alerte maximale, une jauge de 50% d'étudiants en présentiel doit être respectée. © AFP / Arnaud Chochon / Hans Lucas / Hans Lucas via

Sur ce campus, les cours étaient en grandes partie donnés en présentiel. Il a donc fallu tout réorganiser : les salles, le matériel et les horaires. Dans le hall de l'amphi, Chloé, 18 ans, est perdue. La veille, tous les emplois du temps ont changé. Elle a appris lundi que certains de ses cours étaient annulés mardi. L’étudiante de première année a du mal à savoir à quelle heure commence son cours : "On nous a d'abord dit 10h15 et finalement on a reçu un mail pour nous annoncer que ce serait à 10h45". 

Salimatou, 18 ans, est elle aussi en première année de mathématiques : "C'est un peu dur de prendre ses marques. Il y a énormément de changements même pour les profs. Ce dispositif est nouveau. Ils ne sont pas habitués à cela et nous non plus".

"La mécanique à distance c'est inenvisageable"

Lionel Dutheil est professeur de mécanique. Lundi soir quand il a appris que tous les cours passaient à 50% d'étudiants présents, lui et ses collègues se sont échinés à trouver des solutions. Car certains cours dont difficiles à dispenser. Jusqu’ici, il donnait tous ses cours en présentiel. Pour respecter la nouvelle jauge, il a dû annuler certains travaux pratiques : "Faire des TP de démontage d'une boite de vitesse, par exemple, des TP de fabrication, c'est inenvisageable de faire ça à distance."

L'enseignant ajoute que pour organiser correctement ces cours à 50%, il faudrait connaitre précisément le nombre d'élèves, avoir suffisamment de locaux et surtout avoir plus de temps. 

S’adapter à cet enseignement distantiel-présentiel est déstabilisant pour les professeurs et aussi pour les étudiants. De mars à mai, ils n'ont pas pu venir en cours pour cause de confinement. Un mois seulement après la rentrée, ils reprennent tout juste un rythme régulier, comme Sofiane 18 ans : "Depuis septembre, j'ai l'impression d'être enfin à nouveau scolarisé. Je n'ai pas été en cours pendant 7 mois ! Là, je reprends l'habitude de me lever à 6 heures et la semaine prochaine, je serai à nouveau à la maison et c'est sûr, je vais perdre ce rythme."

Si le ministère souhaitait que cette jauge des 50% soit effective dès le mardi 6 octobre, il est probable qu'une bonne partie des universités concernées vont devoir prendre un peu plus de temps pour s’adapter à ce fonctionnement hybride.

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