Ce vendredi, le deuxième album posthume de Johnny Hallyday sort, avec 12 succès du chanteur réarrangés et accompagnés par un orchestre symphonique. Mais si l'on en croit les propos du rockeur de son vivant, ni les reprises, ni les arrangements orchestraux, n'étaient une direction qu'il voulait donner à sa musique.

Johnny Hallyday, ici en concert à Bordeaux en 2013
Johnny Hallyday, ici en concert à Bordeaux en 2013 © AFP / NICOLAS TUCAT

Ce vendredi, pour la deuxième fois depuis la mort de Johnny Hallyday en 2017, un "nouvel album" de l'artiste sort dans les bacs. Dans ce disque posthume, nommé simplement Johnny, aucune nouvelle chanson, mais douze succès de l'artiste (Que je t'aime, Diego libre dans sa tête, etc.) dans de nouvelles versions. 

Pour cet album, le directeur artistique de Johnny Hallyday sur ses concerts, Yvan Cassar, a écrit de nouvelles orchestrations, interprétées par un orchestre symphonique enregistré à Londres, à partir de prises de voix issues de concerts ou d'enregistrements non utilisés. L’arrangeur a abordé la musique symphonique comme de la musique de films, a-t-il expliqué, car "l'orchestre, pour Johnny Hallyday, c'est la musique de film". 

Des albums plus rock à la fin de sa carrière

Mais l'idole des jeunes aurait-elle vraiment accepté un tel projet de son vivant ? Rien n'est moins sûr, lorsqu'on voit la direction musicale qu'il a donnée à la fin de sa carrière musicale : en 2013, il double son concert à Bercy d'un concert rock intimiste au Théâtre de Paris... sans l'orchestre qui l'accompagnait dans ses concerts géants. S'ensuivent les albums Rester vivant et surtout De l'Amour, qui, notamment sous l'impulsion du compositeur Yodelice, rejoignait une direction plus rock, voire rockabilly

Même pour son premier album posthume, Mon pays, c'est l'amour, Johnny avait annoncé qu'il préparait un album rock n'roll et blues, enregistré aux États-Unis. 

Lors de la conférence de présentation de "De l'Amour", album enregistré en dix jours, Johnny Hallyday expliquait cette volonté d'une musique plus rock, plus dépouillée : "_Je ne voulais pas un album avec la grosse fanfare et les violons_, on voulait faire quelque chose de plus simple, à la Johnny Cash. Très souvent c'était la tendance de mes maisons de disques précédentes, qui me demandaient de faire des chansons un peu plus "variété", avec des grandes orchestrations".

Je suis arrivé à un âge où je fais des choses que j'ai envie de faire. 

"_Et la musique que j'aime, c'est le rockabilly, le blues_. La variété, il y en a tellement d'autres qui le font bien, que moi je n'ai plus besoin de le faire", expliquait-il alors. Pas sûr donc, avec cette volonté de revenir au blues et de tenter de nouvelles directions musicales, que Johnny aurait accepté de reprendre ses anciens titres dans des versions moins rock. 

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