A l’origine de la double explosion qui a ravagé le port de Beyrouth, le nitrate d’ammonium a déjà provoqué plusieurs accidents graves par le passé comme l’explosion de l’usine AZF de Toulouse en 2001. Ce sel blanc et inodore, utilisé comme engrais agricole, est aujourd’hui très surveillé. Exemple à Saint-Malo.

Le port de Saint-Malo.
Le port de Saint-Malo. © Radio France / Yann Gallic

Entre 40 000 et 70 000 tonnes de nitrate d’ammonium transitent chaque année par le port de Saint-Malo, premier port breton pour le chargement et le déchargement d’engrais et de produits chimiques. "Depuis la catastrophe d’AZF, des mesures ont été prises sur le port pour être en conformité avec la loi Bachelot de 2003 sur les risques industriels", explique Claude Lucas qui habite à 200 mètres du port. C’est l’un des porte-paroles de l’association citoyenne Osons!, très impliquée localement dans les questions environnementales : "Nous avons reçu beaucoup d’appels téléphoniques ces derniers jours pour nous demander comment étaient stockés les engrais à Saint-Malo, si c’était comparable à Beyrouth. Ce qui n’est nullement le cas. Mais ça prouve qu’il y a une inquiétude dans la population due à un manque d’informations."

Trois jours de stockage maximum

Ici, les mesures de sécurité sont très strictes. Lorsqu’un bateau, chargé de nitrate d’ammonium, arrive au large de Saint-Malo, un expert monte à bord pour contrôler l'état des produits et vérifier le système de protection contre les incendies. Un rapport est ensuite adressé à la capitainerie qui doit donner son accord avant que le navire accoste pour décharger sa cargaison. 

"Ce produit est conditionné dans des sacs étanches de 500 à 600 kilos, toujours stockés à l’air libre et jamais tous ensemble. Le nitrate d’ammonium est entreposé à terre pour une durée maximale de 72 heures", précise Vincent Lagoguey, le sous-préfet de Saint-Malo. L’engrais est ensuite chargé dans des camions pour être livré aux agriculteurs, notamment en Bretagne et en Normandie.

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