Parmi les 173 personnes tuées par leur conjoint(e) ou ex-conjoint(e) l'an dernier, 146 femmes et 27 hommes, selon l'Étude nationale des morts violentes au sein du couple rendue publique ce lundi par le ministère de l'Intérieur. Soit, en moyenne, un décès tous les deux jours.

Tous les deux jours, en France, une personne est tuée par son compagnon ou sa compagne
Tous les deux jours, en France, une personne est tuée par son compagnon ou sa compagne © AFP / Hans Lucas / Valentino BELLONI

Tous les deux jours, en France, une personne est tuée par son compagnon ou son ex-conjoint (ou plus rarement par sa compagne ou son ex-conjointe). Soit 173 personnes en 2019, selon l'Étude nationale des morts violentes au sein du couple rendue publique ce lundi. Dans le détail, 146 femmes et 27 hommes victimes d'histoires d'amours, de mariages, de relations extraconjugales (pour 21% des cas) qui ont abouti à une haine fatale. 160 de ces homicides ont été jugés "volontaires", dont 24 ont été qualifiés d'"assassinat", autrement dit, de meurtre avec préméditation. Les deux-tiers de ces décès sont survenus au sein de couples dits "cohabitants" (74 couples mariés, 36 en concubinage et 5 pacsés), et 12% ont eu lieu dans des couples divorcés ou séparés.

173 morts, ce sont 24 de plus que lors de l'année 2018, soit une hausse de 16%, qui s'inscrit dans un contexte général de hausse des homicides en France. La diffusion tardive de cette étude dans l'année s'explique, selon une source proche du dossier, par la nécessité de mener à bien les enquêtes et de vérifier si la personne décédée a bien été victime d'un homicide, ou, a contrario, s'apercevoir qu'une personne présentée comme "disparue" a, en réalité, été tuée par son conjoint.

31% des homicides interviennent lors d'une dispute

Derrière chacune de ces statistiques, une histoire qui a souvent démarré par des promesses d'un avenir heureux, d'une relation de confiance. Les trois-quarts de ces morts violentes ont lieu au sein de domicile du couple, de l'auteur, ou de la victime. 31% interviennent lors d'une dispute. Une fois sur cinq, l'auteur des faits refuse une séparation.

Dans le cas des 27 hommes tués l'an dernier, 19% de ces morts ont été provoquées par une femme disant être elle-même victime de violences.

Quant au procédé, à 63 reprises, l'auteur du meurtre a eu recours à une arme blanche. Dans 42 cas, à une arme à feu, soit près d'une fois sur quatre. Le tout, dans un tiers des homicides, sur fond d'alcool, de stupéfiant ou de médicaments psychotropes.

Si le portrait-type du l'auteur des faits est celui d'un homme marié, de nationalité française, âgé de 30 à 49 ans et n'exerçant pas ou plus d'activité professionnelle, l'étude, menée sous l'égide du ministère de l'Intérieur, révèle également que 11% des auteurs et 10% des victimes sont âgés de 80 ans et plus. Dans ce dernier cas, la maladie ou la vieillesse de la victime représentent la cause principale du meurtre.

Violences passées

60 des 146 victimes femmes, soit 41%, avaient déjà subi des violences de la part de leur partenaire par le passé, notamment physiques (pour 34 d'entre elles), mais aussi psychologiques (15 victimes). 38 de ces victimes de violences antérieures avaient signalé les faits aux forces de l'ordre, dont 26 avaient déposé plaintes. Deux des auteurs de ces homicides faisaient l'objet d'un contrôle judiciaire, dont l'un avait interdiction de s'approcher de la victime. 

Pour ce qui est des hommes victimes, six d'entre eux avaient également déjà subi des violences de la part de leur partenaire, dont deux avaient porté plainte. 

25 enfants tués en 2019

Ces chiffres bruts sont autant de drames individuels, dans lesquels sont souvent impliqués, malgré eux, des mineurs : dans dix de ces affaires, le meurtre a été commis sous les yeux des enfants du couple. Dans sept d'entre elles, c'est même l'un des enfants qui a donné l'alerte et fait prévenir les secours. 111 enfants sont également devenus orphelins de père, ou de mère, ou des deux parents, à la suite de ces homicides.

Autre chiffre glaçant, même s'ils ne concernent pas, à proprement parler, les "morts violences au sein du couple" : 25 enfants ont été tués en 2019 dans le cadre de conflits entre leurs parents ou ex-parents (dans 14 affaires distinctes) dont trois concomitamment à l’homicide de leurs mères (dans trois affaires distinctes). L’auteur de l’infanticide est majoritairement le père (dans 12 affaires).

À l'issue de ces homicides, 48 auteurs se sont suicidés, et 21 ont tenté de mettre fin à leurs jours.

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