Plus de 7 000 policiers et gendarmes seront déployés à Paris pour le 1er-Mai. La capitale est l'épicentre des craintes de violences urbaines pour le ministère de l’Intérieur, à l’image de ce qu'il s’est passé l’an dernier près du pont d’Austerlitz. Plusieurs autres villes pourraient subir des affrontements.

Le 1er mai 2018 avait été marqué par la présence des black bloc dans la manifestation, et par les incidents qui s'en étaient suivi comme ici sur le pont d'Austerlitz
Le 1er mai 2018 avait été marqué par la présence des black bloc dans la manifestation, et par les incidents qui s'en étaient suivi comme ici sur le pont d'Austerlitz © AFP / Yann Castanier / Hans Lucas

Comment ce 1er-Mai va-t-il se dérouler ? Plus de 7 000 policiers et gendarmes seront mobilisés à Paris ; d'autres villes pourraient subir des affrontements. La capitale est en tout cas l'épicentre des craintes de violences urbaines pour le ministère de l’Intérieur, avec le souvenir des affrontements du pont d’Austerlitz, en 2018. Ce sont les gares et les principaux axes routiers autour des grandes villes qui seront particulièrement concernés par les rassemblements jugés "à risque". 

Pour la capitale, même les parkings aux portes de Paris seront sous la vigilance, en ce 1er-Mai, des unités de police et de gendarmerie déployées. Des centaines d’agents ont pour mission de détecter d’éventuels manifestants équipés pour des émeutes urbaines, comme cet homme arrêté mardi avec un "choqueur", arme à impulsion électrique, une matraque et un couteau à cran d’arrêt.

Toutes les mouvances d'extrême-gauche seront là

Pour le reste, la Préfecture de police de la capitale et le ministère de l’Intérieur ont déployé des unités d’intervention conséquentes dans tous les secteurs des cortèges prévus ce matin et cet après-midi. Les services de renseignement intérieurs estiment que toutes les mouvances d’extrême gauche seront là.

De 1000 à 2000 activistes devraient pouvoir compter sur plusieurs milliers de "gilets jaunes" désormais rompus aux actions violentes contre les forces de l’ordre. Le ministre de l’Intérieur a estimé hier que "le refus de la violence par les syndicats est net, clair", mais cela n’empêche pas un risque majeur que les défilés ne dégénèrent en cas de formation de black blocs au sein même des défilés des syndicats.

Les "ultras" mobilisés pour former l'un des plus gros black blocs jamais vu en France ?

Ce n’est d'ailleurs pas un mais plusieurs black blocs que les forces de l’ordre redoutent. À la convergence des luttes des différentes mouvances - "anti fa", autonomes, anarchistes - pourrait s'ajouter le renfort de "gilets jaunes" que les services de renseignements considèrent désormais comme complètement radicalisés et bien entraînés aux techniques de guérillas urbaines de l’ultra gauche, sans pour autant avoir à se revendiquer d'une idéologie politique anti-capitaliste. 

L’autre crainte est de voir des syndicalistes de la CGT se joindre aux actions violentes ; plusieurs appels au sein de certaines unions départementales allaient dans ce sens ces dernières semaines selon une source à la Direction générale de la Police nationale, place Beauvau.

Des mesures prises également dans des pays voisins

Ces derniers jours, les forces de l'ordre ont œuvré pour tenter d'empêcher l'arrivée de leaders connus de mouvances adeptes des black blocs, à Paris ou de grandes villes comme Rennes. Les activistes précédemment arrêtés en France lors de grands sommets ou fichés par les services de renseignements européens sont souvent originaires d'Allemagne, d'Italie et d'Espagne. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a révélé hier après-midi que des arrêtés nominatifs d'interdiction de séjour avaient été prononcés pour ce 1er mai 2019, sans préciser leur nombre. 

Trois personnes de nationalité espagnole ont d'ailleurs été interpellées dans la nuit de mardi à mercredi à Paris, dans le cadre du dispositif de sécurité. Tous les trois ont été interpellés pour détention d'armes par destination et produits incendiaires, selon les informations de franceinfo et France Bleu Paris. 

Il y a un an, plusieurs dizaines d'étrangers adeptes des blacks blocs sont venus participer à des actions violentes dans la capitale : des activistes aguerris, repérés également à Notre-Dame-des-Landes. Les services de renseignements ne s'attendent pas toutefois à une arrivée massive de ces militants étrangers, car ils savent déjà qu'ils se réservent pour une autre date cet été à Biarritz au Pays Basque pour le sommet du G7.

Un test pour les nouveaux dispositifs parisiens de maintien de l'ordre

Sur le papier, les dispositifs policiers et gendarmes à Paris sont impressionnants en nombre, le double de l’an dernier. Plus de 50 escadrons de gendarmerie mobile et compagnies républicaines de sécurité seront déployés au fil de la journée, sans compter les unités d'intervention de la Préfecture de police, les officiers de police judiciaire et 190 motards engagés pour transporter des renforts "au cas où" : au total, ce sont plus de 7000 agents mobilisés

Mais c'est l'efficacité du dispositif qui devra être déterminante pour le maintien de l'ordre. C'est la question de la  "mise en œuvre" qu'a soulignée le Préfet de police, Didier Lallement. L'année dernière, le gros des troupes de police s'était avéré trop éloigné du pont d'Austerlitz, occupées à sécuriser le commissariat flambant neuf du XIIIe arrondissement au moment des attaques d’un restaurant McDonald's et d’une concession automobile.

Cette année, il est prévu que tout aille beaucoup plus vite pour redéployer des unités. Les groupes d'intervention ont été doublés, avec plus de soixante agents à chaque fois et une capacité à les renforcer en quelques minutes avec des équipages de motos. Les commandants des opérations sur le terrain sont plus autonomes que précédemment. 

Ce qui devrait faire la différence, selon les différentes sources contactées par France Inter sur ce sujet, c'est la manière dont les forces de l'ordre devront se montrer totalement imprévisibles pour couper les chemins de retraite possibles des activistes, quels que soient les quartiers qu'ils viendraient à cibler.

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