Jacques Rançon a reconnu le viol et le meurtre de deux jeunes femmes, Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, commis en 97 et 98. Leurs corps avaient été mutilés après leur mort. Il est jugé jusqu’au 26 mars par la cour d’assises des Pyrénées-Orientales.

Jacques Rançon habitait, au moment des faits, dans un hôtel proche de la gare de Perpignan
Jacques Rançon habitait, au moment des faits, dans un hôtel proche de la gare de Perpignan © Radio France / Raymond Royg

On l'a longtemps appelée l'affaire des "disparues de Perpignan". Quatre jeunes femmes, une disparue, trois retrouvées mortes, entre 1995 et 2001, près de la gare. Une véritable psychose s'était emparée de la ville. 

Après 17 ans d’enquêtes et de fausses pistes, les progrès de la science permettent, en 2014, d'identifier l'ADN d'un homme : Jacques Rançon, un ancien magasiner de 54 ans. 

La vie de Jacques Rançon est émaillée de séjours en prison pour des viols, agressions, et menaces. Interpellé, l’homme avoue le viol et le meurtre de Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez. Originaire de la Somme, il habitait, au moment des faits, dans un hôtel proche de la gare de Perpignan où il était venu vivre après sa sortie de prison. Jacques Rançon est également poursuivi pour une tentative de meurtre et une agression sexuelle commis à la même époque, à Perpignan. 

Ce procès fleuve, prévu sur trois semaines, va raviver beaucoup de souvenirs douloureux

Pour Conception Gonzalez, la douleur est toujours à vif, 20 ans après la mort de sa fille. Elle n'est pas sûre d'arriver à supporter la vue de Jacques Rançon dans le box des accusés : 

Il faut qu’il paye pour le mal qu’il a fait à ma fille, aux autres victimes. Il nous a détruit la vie. Je ne sais pas si je vais tenir le coup. 

Le corps mutilé de Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, avait été retrouvé en juin 1998, six mois après celui de Moktaria Chaïb, 19 ans. Les deux jeunes femmes, toutes deux brunes aux longs cheveux, avaient disparu à proximité de la gare de Perpignan. 

Moktaria Chaïb avait 19 ans. Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans.
Moktaria Chaïb avait 19 ans. Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans. / MaxPPP

Pour Etienne Nicolau, l'avocat des parties civiles, Jacques Rançon a un profil de prédateur : "C’est, aux dires des experts, un sadique pervers. Il tire son plaisir du mal qu’il fait subir à ses victimes. Lors de la reconstitution, il s’est jeté sur le mannequin que l’on avait mis à la place de Marie-Hélène comme un fou. On a tous réalisé, non seulement ce qu’il était capable de faire, mais aussi ce qu’avait subi Marie-Hélène Gonzalez."

Jacques Rançon n'explique pas ses actes

S'il a avoué les crimes, Jacques Rançon peine à expliquer les "pulsions" qui, dit-il, l’ont poussé à passer à l’acte. Pulsion sexuelle, qui se transforme en pulsion de mort. Il peine surtout à donner le sens des mutilations commises sur les corps de ses victimes, qu’il ne reconnaît qu’en partie. 

Son avocat, Me Xavier Capelet, espère qu’il sera capable d’en dire plus à l’audience : "J’ai la sensation qu’il a la volonté d’essayer d’expliquer un certain nombre d’éléments. Le seul problème, c’est qu’il n’est pas sûr d’en être capable. Il a peur d’être paralysé par le stress. Ce n’est pas l’issue du procès qui l’inquiète, il est conscient de sa responsabilité ; en revanche, c’est ce moment du procès qu’il appréhende énormément."

35 témoins et une dizaine d'experts sont attendus à la barre, jusqu’au 26 mars. Jacques Rançon encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Ce procès ne signe pas, pour autant, l'épilogue de "l’affaire des disparues" : la première jeune femme, Tatiana Andujar, n'a jamais été retrouvée. Jacques Rançon est hors de cause : en 1995, il était en prison. Quant à l’auteur du meurtre de Fatima Idrahou, en 2001, il a été rapidement identifié et jugé.

► POUR EN SAVOIR PLUS | Suivez l'audience en direct avec Corinne Audouin 

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