Qui sont les 250 personnes interpellées durant l'acte 18 des "gilets jaunes" ? Des personnes plutôt jeunes et pas forcément des casseurs, alors qu'il y avait 1 500 black blocks à Paris selon le ministre de l'Intérieur.

Arrestation sur les Champs Elysées le 16 mars 2019
Arrestation sur les Champs Elysées le 16 mars 2019 © AFP / ZAKARIA ABDELKAFI

Le 18ème samedi de manifestation des "gilets jaunes", qui a rassemblé 32 300 personnes en France selon les chiffres du gouvernement, a été marqué par une nouvelle flambée de violences à Paris où 250 personnes ont été placées en garde à vue.

Contrairement aux précédentes semaines, la manifestation parisienne du 16 mars n'avait pas fait l'objet d'une déclaration officielle, choix revendiqué par les leaders du mouvement pour marquer un retour à la source des premières mobilisations. En prévision, la préfecture avait mobilisé quelque 5 000 membres des forces de l'ordre. 

Après avoir cantonné la manifestation sur le secteur des Champs-Élysées, stratégie habituelle de l'ordre public à Paris, les "casseurs", estimés à 1 500 selon le ministre de l'Intérieur, sont restés sur l'avenue commerçante, sans se laisser dissuader par les tirs de gaz lacrymogène. Bilan : 80 commerces vandalisés, 60 blessés du coté des manifestants, 20 blessés du coté des policiers et 9 chez les gendarmes. Un pompier a également été blessé. L'incendie d'un immeuble avenue Roosevelt avait fait 11 blessés légers. Une femme et son bébé ont été sauvés in extremis par des policiers. 

Concernant le dispositif de sécurité, "l'analyse des événements d'hier met en évidence qu'il s'est révélé insuffisant dans son exécution pour contenir ces violences et éviter les agissements des casseurs. Il faut tirer toutes les conséquences de ces dysfonctionnements", a indiqué Matignon, à l'issue d'une réunion du chef du gouvernement avec les ministres de l'Intérieur et de la Justice.

Une majorité de personnes de moins de 45 ans en garde en vue

Ce ne sont pas forcément les blacks blocks qui se sont retrouvés en garde à vue.

Une source policière relève également qu'il n'y a pas de professionnels de la casse mais essentiellement des manifestants qui se sont associés de près ou de loin aux violences commises sur les Champs-Elysées.

"On est dans un schéma nouveau où ceux qui soutiennent sont complices", a expliqué Christophe Rouget, secrétaire général adjoint du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). "C'est une délinquance diffuse ou par procuration."

Parmi les personnes gardées à vue, il y a 21 mineurs et 229 majeurs. Parmi ces derniers, 93 sont présentés au parquet et 87 autres ont vu leur garde à vue prolongée hier soir. 

11 personnes font également l'objet d'une enquête mais à ce stade, aucun ne semble impliqué dans l'incendie de la banque de l'avenue Roosevelt pour lequel une enquête pour "dégradation par un moyen dangereux ayant entraîné une ITT" a été confiée à la police judiciaire de Paris.

Sur le profil de ces 250 gardés à vue, signalons qu'il n'y a qu'une vingtaine de femmes, qu'il s'agit de suspects jeunes : la moitié d'entre eux ont moins de 30 ans. 

"Gilets jaunes" rattrapés dans un train avec leur butin

Cinq "gilets jaunes" de Montluçon, 4 femmes et un homme, ont été interpellés samedi soir à la gare de Fleury-les-Aubrais. Dans le train du retour, ils se sont vanté d'avoir participé aux pillages des magasins des Champs-Élysées. Une voyageuse a appelé la police. Ils ont donc été été interpellés avec une cafetière Nespresso, des bijoux Swarowski, des tee-shirts et des pantalons Hugo Boss et Celio, 4 marques correspondant aux boutiques qui ont été dévalisées à Paris. Le butin est estimé à 1 500 €. Une rapide enquête n'a pas permis d'établir qu'ils auraient participé aux violences qui ont précédé le vol de cette marchandise. Ils seront jugés le 5 juin prochain à Orléans.

Enquête à l'encontre d'un policier

Une enquête de l'IGPN a été ouverte après la diffusion d'une vidéo montrant un policier mettant des vêtements dans un sac, en marge de pillages, selon la préfecture de police (PP).

Cette séquence tournée samedi par un journaliste du média en ligne Brut et diffusée sur les réseaux sociaux montre un agent d'une compagnie d'intervention de la préfecture de police de Paris, sur les Champs-Élysées, en train de plier des maillots blancs et bleus à manches longues, avant de les mettre dans un sac à dos.

La scène filmée se conclut par un coup de matraque d'un autre fonctionnaire présent sur place au cameraman qui proteste vigoureusement.

Les faits sont survenus après le pillage de la boutique du Paris-Saint-Germain située sur la célèbre avenue, victime de vols comme de nombreux autres commerces. 

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