le dossier Stéphane Moitoiret
le dossier Stéphane Moitoiret © MaxPPP/Alexander Roth-Grisard

Stéphane Moitoiret a été condamné vendredi en appel à 30 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat en 2008 du petit Valentin dans l'Ain. Son ex-compagne Noëlla Hégo à cinq ans de prison dont un avec sursis.

En première instance dans l'Ain, fin 2011, ils avaient été respectivement condamnés à la perpétuité et à 18 ans de réclusion.

La condamnation de Moitoiret, 44 ans, est assortie d'une peine de sûreté de 20 ans. Les jurés ont suivi les réquisitions pour Moitoiret mais se sont montrés plus cléments pour Hégo, 53 ans, pour laquelle l'avocat général avait requis 16 à 18 ans de réclusion. Sa peine couvrant la détention déjà effectuée, elle devait sortir de prison samedi soir, mais le choc provoqué par l'annonce de la fin de sa détention, a nécessité une hospitalisation.

Stéphane Moitoiret s'est dit satisfat de ce verdict car il n'est pas reconnu "fou". Alors que ses avocats qui ont plaidé l'irresponsabilité étaient en colère.

Corinne Audouin était à la cour d'assises du Rhône

Valentin Crémault, qui allait avoir 11 ans, avait été retrouvé lardé de 44 coups de couteau en juillet 2008 à Lagnieu, dans l'Ain.

La défense de Stéphane Moitoiret n'a jamais contesté le crime mais a plaidé la folie

Au terme de deux semaines de procès qui ont vu défiler une dizaine d'experts psychiatres appelés à se déterminer sur la santé mentale des deux routards, les avocats de Stéphane Moitoiret n'ont pas reussi à convaincre les jurés que ce schizophrène serait moins nuisible pour la société dans un hôpital psychiatrique que derrière les barreaux d'une prison.

Les jurés n'ont pas été sensibles aux arguments d'une partie des psychiatres qui ont décrits comme "un couple de deux grands malades mentaux". Ils ont penché en faveur de "l'altération" du discernement de Stéphane Moitoiret, ce qui a permis de lui infliger une condamnation pénale.

"En France, même avec une peine de sûreté on sort un jour de prison", a rappelé maître Hubert Delarue, "alors qu'on ne sort pas d'une UMD (Unité pour Malade Difficile), sauf pour y être enterré au cimetière".

Une façon de répondre à Gilbert Collard, avocat de la mère du petit Valentin, qui a rapporté ses craintes: "Elle a peur que s'il va à l'hôpital, un jour, les médecins considèrent qu'il est guéri et le libère".

Une mère et son avocat satisfaits du verdict. Me Gilbert Collard

Son confrère Franck Berthon a renchéri en rappelant le cas de ce détenu cannibale, également schizophrène, qui avait dévoré son voisin de cellule. "Vous êtes les otages d'une vengeance judiciaire parce qu'un jour un garde des sceaux a déclaré: "Même fou, il sera jugé", a renchéri maître Franck Berton.

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