L'enquête au cimetière juif profané de Sarre-Union
L'enquête au cimetière juif profané de Sarre-Union © MaxPPP / Dominique Gutekunst

Ils sont cinq, tous adolescents entre 15 et 17 ans, tous originaires de la région Alsace. Ils ont été interpellés ce lundi quelques heures après la découverte du cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), où 250 tombes ont été profanées.

Parmi ces 5 adolescents, aucun n’avait eu jusque-là maille à partir avec la Justice. L’un d’eux s’est lui-même dénoncé à la brigade de gendarmerie du village. Il a récusé toute motivation antisémite, a expliqué que lui et ses amis pensaient que le cimetière était « abandonné ». Jeudi, le carré juif avait été retrouvé dévasté, des stèles renversées, certaines brisées. « L'intégrité des défunts n'a pas été atteinte » précise toutefois le procureur de la république de Saverne, Philippe Vannier.

L'un des 5 s'est rendu spontanément, "choqué"

Selon le magistrat, le jeune qui s’est rendu spontanément l'a fait quand il a pris conscience de l’émotion suscitée à travers le pays par cette profanation. Les cinq gardés-à-vue sont « très choqués par la tournure des évènements» , selon le procureur. Les motivations des adolescents « ne sont pour le moment pas connues », ajoute-t'il, mais ils ont déclaré ne pas avoir su qu'ils s'en prenaient à des sépultures juives. Ils sont entendu sur des accusations de « profanation de sépultures » e «dégradation en réunion sur des biens publics ». S'ils étaient renvoyés devant un juge, ils encoureraient trois années de prison, pour ceux qui ont moins de 16 ans, sept années pour ceux qui ont plus de 16 ans.

Olivier Vogel revient sur le profil des 5 adolescents interpellés:

Consternation généralisée

Les réactions de dégoût et d'indignation s'étaient multipliées depuis la découverte du cimetière ravagé, notamment dans la communauté juive locale. «C'est comme si on avait voulu décimer ce cimetière, en faire un terrain vague », commentait dans la matinée l'un de ses représentants.

François Hollande, lui, confirme qu'il se rendra à Sarre-Union ce mardi matin, pour y participer à une cérémonie. Avant l'interpellation des 5 mineurs, il avait appelé la communauté nationale à un « sursaut après ce nouvel acte antisémite », et avait assuré que les Juifs « avaient leur place en Europe et en particulier en France ».

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