Tribunal de Montpellier
Tribunal de Montpellier © CC Chez Julius Livre 1

Le parquet avait requis deux ans ferme. Le verdict a finalement été plus clément. Bernadette Colin, ancienne professeure de lettres qui comparaissait depuis jeudi devant la cour d’assises de l’Hérault à Montpellier, est ressortie libre du tribunal.

Les délibérations ont duré 5 heures. Bernadette Colin, 60 ans, agrégée de lettres à la retraite, écope finalement de 7 mois de prison ferme, et 53 mois avec sursis. Elle est repartie libre du palais de justice : sa peine est couverte par la détention provisoire. Bernadette Colin a aussi été condamnée à un suivi socio-judiciaire et une obligation de soins pendant trois ans. Le jury a estimé que son comportement était altéré au moment des faits. L'avocat général avait réclamé cinq ans d'emprisonnement, dont deux ferme.

Une « déchéance » insupportable

Bernadette Colin ne supportait plus la maladie de Raymonde, sa mère de 87 ans. Si bien qu’elle a tenté de la tuer. Les faits remontent au 25 avril 2009. Ce jour-là, Bernadette tenté de l'empoisonner. Puis de l'étrangler. Puis de l'étouffer. Puis de la poignarder. Des tentatives « de faible intensité » selon Me Armand Cascio, l’avocat de Bernadette Colin. Raymonde, la mère, a finalement survécu à ses blessures et ne s'est jamais souvenu de l'agression de sa fille. Elle était finalement décédée d’un cancer 3 ans plus tard.

Une accusée jugée fragile

A l'énoncé du verdict, les deux sœurs de l'accusée, parties civiles au procès, ont pleuré de joie. Elles ont indiqué lui avoir "pardonné" et ont témoigné de leur isolement face à la pathologie de leur mère lors du procès.

Trois experts différents ont diagnostiqué un état bipolaire chez Bernadette Colin. Pour l'avocat général il est « essentiel que Bernadette Colin continue à se soigner pour comprendre son geste ».

Bernadette Colin évoque son désarroi et celui de ses sœurs s’est expliquée par cette phrase: "Il fallait tuer l'une pour que les autres vivent". Me Marie-Laure Lapetina, l’une de ses avocate évoqué de son côté "une preuve d'amour extraordinaire".

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