Le meurtrier présumé d'Angélique, fillette de 13 ans dont le corps a été retrouvé dimanche dans le Nord de la France à quelques kilomètres de son domicile, a pu être arrêté rapidement par la police grâce à ce fichier dans lequel il était inscrit pour une condamnation pour agression sexuelle, il y a 20 ans.

Angélique, 13 ans, avait disparu mercredi soir. L'homme de 45 ans qui a avoué son meurtre a indiqué aux enquêteurs la localisation du corps.
Angélique, 13 ans, avait disparu mercredi soir. L'homme de 45 ans qui a avoué son meurtre a indiqué aux enquêteurs la localisation du corps. © AFP / PHILIPPE HUGUEN

L’autopsie du corps de la jeune Angélique, fillette de 13 ans tuée la semaine dernière par un père de famille de 45 ans, sera pratiquée ce lundi et permettra aux enquêteurs de déterminer les causes précises de la mort de l'adolescente.

L'homme qui a avoué son crime, est toujours en garde à vue ce lundi matin. Il devrait être mis en examen avant ce soir. 

Cet homme avait déjà été condamné pour une agression sexuelle violente, il y a plus de vingt ans, et était depuis inscrit dans le Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, sans être pour autant suivi, puisqu'il n'avait jamais récidivé depuis 24 ans.

En 1996, il avait en effet été condamné à 9 ans de prison pour des faits de viol avec arme, commis en 1994 (il était alors âgé de 21 ans et avait été libéré au bout de six ans d'emprisonnement en bénéficiant d'une remise de peine).

Un fichier dissuasif pour éviter les récidives

Ce fichier a été créé spécifiquement pour éviter que des crimes sexuels ne soient commis, de manière répétée, par les mêmes auteurs.

L’arrestation du pédophile, violeur et tueur en série Michel Fourniret a été un déclencheur, en 2003. Année où un autre violeur en série, à Reims, avait aussi ému Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. 

Le 9 mars 2004, le premier fichier des délinquants sexuels est ainsi créé par la loi Perben 2, avec tous les noms et toutes les adresses des condamnés pour infractions sexuelles, afin d'opérer un contrôle de longue durée, jusqu'à 30 ans après la fin de la peine. Géré par le ministère de la Justice, il est mis en service le 1er juillet 2005 et est consultable par les officiers de police judiciaire, les procureurs, l'administration pénitentiaire et les préfets, mais en aucun cas par la population.

S’ils déménagent, les fichés ont obligation d’indiquer leur nouvelle résidence à la police, sous peine de risquer une peine de prison. Ils doivent se présenter plus ou moins régulièrement au commissariat, au moins une fois par an, voire plus régulièrement selon les situations.

C'est grâce à ce fichier que le voisin d'Angélique a rapidement été arrêté

Selon les informations de France Inter, le père de famille de 45 ans avait été rappelé à l'ordre il y a quatre ans, après avoir oublié de signaler un changement d'adresse. 

Pour les enquêteurs, ce fichier est très précieux. "C’est d’abord un fichier dissuasif", disent-ils. La plupart des délinquants sexuels, se sachant localisés, récidivent moins. 

Dans le cas du meurtrier présumé d’Angélique, qui a agi à son propre domicile, en prenant pour victime une petite voisine, la dissuasion n’a malheureusement eu aucun effet. En tout cas pas le jour de ce crime. Mais c’est grâce au fichier que ce père de famille de 45 ans a été rapidement arrêté par les policiers.

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