L'association L214 avait diffusé en février 2016 des images choquantes de maltraitance animale. Le procès dure jusqu'à vendredi à Alès.

Les militants de la cause animale sont présents à l'audience au tribunal correctionnel d'Alès.
Les militants de la cause animale sont présents à l'audience au tribunal correctionnel d'Alès. © AFP / SYLVAIN THOMAS

Vendredi matin, le procureur a requis 12 mois de prison avec sursis "à titre d’avertissement" contre le principal prévenu, Marc S. Il a aussi requis des amendes contre les autres salariés de l'abattoir et 6 000 euros d’amende contre la Communauté de communes du Pays Viganais qui gère l’abattoir. Un des avocats de la défense Me Deplaix a demandé la relaxe des salariés "pour leur rendre leur dignité d’hommes et d’ouvriers". Le procès est mis en délibéré, le jugement sera rendu le 28 avril à 9 heures.

Le procès a commencé jeudi

Le procès de l'abattoir intercommunal du Vigan, le premier de ce type en France, a commencé jeudi matin à Alès. L'abattoir, certifié bio, présentait au départ toutes les qualités requises en n'employant que quatre personnes pour la découpe de la viande et en privilégiant les circuits courts. Mais en février 2016, l'association L214 avait diffusé une vidéo de l'abattoir en caméra cachée. Des images, pendant 4 minutes 30, d'animaux égorgés, recevant des coups à la matraque électrique ou mal étourdis.

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Gilles, l'un des prévenus témoigne :

"Les gens qui vous forment, ils n'ont jamais mis les pieds dans un abattoir"

Trois salariés de l'abattoir et la Communauté de communes Pays Viganais sont poursuivis. Marc, 24 ans, est le seul à comparaître pour maltraitance animale. Dans le petit tribunal d'Alès bondé, un important dispositif policier est présent. A la barre, les salariés décrivent une réalité du quotidien de l'abattoir, bien différente de la théorie. Et les salariés travaillent parfois plus de 10 heures par jour avec du matériel défaillant.

Charlotte Piret suit le procès depuis la salle d’audience à Alès

Vous pouvez suivre son live-tweet. Ce jeudi matin, les prévenus ont été entendus. Le principal, Marc, a regretté son geste capté par la vidéo. Il a aussi décrit son rapport à la mort de l'animal, car comme on lui a appris : "Il te faut tuer."

Ce jeudi après-midi, M. Canayer, un représentant de la communauté de commune du Pays Viganais a contesté les infractions reprochées.

Puis, Claudia Terlouw une chercheur à l'INRA, spécialiste du stress à l'abattage a été entendue comme experte. Elle a notamment expliqué : "Pour les porcs, l'étourdissement est réversible. Donc il faut saigner rapidement après."

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