Au terme d’un procès qui a duré plusieurs semaines, Abdelkader Merah a finalement été condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Il a été bien été reconnu coupable par la justice, mais pas de complicité pour les assassinats commis par son frère en 2012. Explication.

Abdelkader Merah condamné, mais pas pour complicité d'assassinat sur les crimes commis par son frère, une décision étayée en droit, mais complexe à comprendre
Abdelkader Merah condamné, mais pas pour complicité d'assassinat sur les crimes commis par son frère, une décision étayée en droit, mais complexe à comprendre © AFP / Benoit PEYRUCQ

La justice a reconnu Abdelkader Merah coupable d'"association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste à caractère criminel", et l'a condamné au maximum de la peine encourue pour ces faits : 20 ans de réclusion criminelle. Pour cela, la cour d'assises a retenu toute une série de faits : la fréquentation assidue par Abdelkader Merah des membres de la filière d'Artigat, prônant le djihad armé. 

Mais il y a aussi son adhésion aux thèses islamistes extrémistes, que ce soit par ses propos, par des témoignages, par les documents retrouvés chez lui, qui montrent notamment sa fascination pour Ben Laden. Les rencontres régulières avec son frère avant les faits, la participation au vol du scooter utilisé par Mohamed Merah pour ses crimes : tout cela prouve, pour les magistrats, qu'Abdelkader Merah adhérait  - sur le principe - aux projets de son frère qui lui avait dit vouloir "faire des coups", en France ou à l'étranger. 

Mais pour autant, la cour d'assises estime que cela ne suffit pas à démontrer la complicité d'Abdelkader Merah dans les crimes commis par Mohamed Merah. Car pour cela, la loi exige un acte positif. Or, soulignent les magistrats, Mohamed Merah était seul lors de la réalisation de ses crimes. Il a acheté seul les armes, loué seul box et voitures pour les entreposer, trafiqué seul le traqueur du scooter volé. 

Aucun élément n'établit une participation active d'Abdelkader Merah : voilà pourquoi la cour l'a acquitté des faits de complicité d'assassinat. Même s'il partageait les motivations de son frère, rien ne prouve qu'il savait concrètement ce que celui-ci préparait. Une décision étayée en droit, mais complexe à comprendre, qui a suscité de la déception parmi les familles des victimes.

Pour autant, la plupart des avocats des parties civiles soulignent que le plus important est que justice ait été rendue, et Abdelkader Merah reconnu coupable, même si ce n'est pas de la totalité des faits.

Le parquet général et la défense ont dix jours pour faire appel de ce verdict.

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