Pour son dernier grand interrogatoire, Abdelkader Merah a du s'expliquer sur des fichiers audios djihadistes retrouvés lors de la perquisition à son domicile, un des éléments de l'association de malfaiteurs terroristes dont il droit répondre.

Les explications d'Abdelkader Merah
Les explications d'Abdelkader Merah © AFP / Citizenside / Sadak Souici

Ce n'est pas la première fois devant cette cour d'assises spéciale, Abdelkader Merah plaide la curiosité intellectuelle.  Celle-là même qui l’a poussée à collectionner les ouvrages religieux. Mais cette fois, c’est du contenu de son iPod qu’il est question à l’audience. 17 fichiers audios issus d’une série explicitement intitulée La fabrique du djihadiste. Signée Al-Qaïda. 

Au total, une vingtaine d’heures d’enregistrement : “je les chargeais le samedi ou le dimanche et je les écoutais au travail pour ne pas perdre mon temps”, explique l’accusé depuis le box. 

Pendant qu’il effectue ses travaux de peintre en bâtiment, Abdelkader Merah écoute donc ces fichiers qu’il a renommé “comportement père, mère, oncle” et ainsi de suite …  "si jamais il y avait une perquisition".

Dans ces cours du parfait djihadiste, on apprend ainsi “comment créer l’effet de surprise chez l’ennemi. Comment acheter des armes, mais sans intermédiaires, les cacher sous terre. Comment vivre sous couvertures. Les meilleurs étant les métiers d’épiciers ou de médecin … comment être patient avant de commencer son travail djihadiste. ”

"Je suis entré dans le coeur d’Al-Qaïda”, explique-t-il à la cour. Lui qui, “en tant que musulman” veut “comprendre ce groupe”. “Et puis, je perfectionnais mon arabe littéraire”, tente-t-il. “On n’apprend pas l’allemand en lisant Mein Kampf !", s’insurge un avocat de parties civiles. 

“C’est pas anodin d’écouter ce type de cours pendant 20 heures …” ajoute le président. Pour beaucoup sans doute. Pas pour Abdelkader Merah 

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