Abdelkader Merah a été interrogé pendant cinq longues heures vendredi, au bout de la deuxième semaine du procès. Depuis le premier jour, il se défend avec une certaine assurance.

Abdelkader Merah nie depuis toujours toute complicité d'assassinat
Abdelkader Merah nie depuis toujours toute complicité d'assassinat © AFP / Benoit PEYRUCQ

Dans son box d'accusés à la vitre blindée, Abdelkader Merah, vêtu chaque jour d’une chemise bien repassée, coiffé chaque jour avec un petit bandeau qui retient ses longs cheveux bouclés noués en catogan, se lève sans jamais protester, quand il doit répondre aux questions. Et il a réponse à tout, d’un ton très assuré. Souvent, on dirait même qu’il cherche à prendre l’ascendant sur celui ou celle qui l’interroge. C’est qu’il est "fatigué" de ses cinq ans de détention pour cette complicité d’assassinats qu’il nie depuis le début, expliquent ses avocats.

Je ne suis pas Mohamed Merah. Je vois que tous me sautent dessus. Je suis Merah Abdelkader, et quand on regarde l’acharnement qu’il y a sur ma personne, on dirait que je suis mon petit frère.

C'est avec ces mots qu'Abdelkader Merah répond à une question de l'avocate générale en robe rouge et hermine, qui lui demande s'il peut confirmer qu'il a "l'ADN de la rue", comme il l'avait déclaré aux enquêteurs. Abdelkader Merah la regarde. "Je ne suis pas Mohamed Merah. Je suis Merah Abdelkader", rétorque-t-il. "Et quand on regarde l'acharnement qu'il y a sur ma personne, on dirait que je suis mon petit frère." Puis, presque à la limite de l’insolence face à la représentante du ministère public : "c’est quoi la question ?".

Souvent, Abdelkader Merah fait répéter les questions. Ou les retourne. Régulièrement, il refuse aussi de répondre, dès qu’on le questionne sur l’islam, se réfugiant derrière le calendrier fixé par le président, qui a prévu de concentrer tous les débats sur son rôle présumé de mentor religieux la semaine prochaine. Avec le président de la Cour d’assises spéciale, Abdelkader Merah est toujours poli et respectueux. "Monsieur le président, on est là pour la manifestation de la vérité !" s’est-il exclamé hier, lors d’un interrogatoire qui a duré cinq heures.

Le procès entrera lundi 16 octobre dans sa troisième semaine, avec l'audition très attendu du frère aîné Abdelghani Merah.

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