Sven Mary, avocat de Salah Abdeslam, le 24 mars 2016
Sven Mary, avocat de Salah Abdeslam, le 24 mars 2016 © MaxPPP / Christophe Petit Tesson

Salah Abdeslam, seul membre des commandos du 13 novembre encore vivant, doit être transféré en France ces prochains jours. Il devra trouver un avocat en France. Mais comment défendre celui qui a participé au meurtre de 130 personnes ?

La justice belge a donné le 31 mars son feu vert à l’extradition vers la France de Salah Abdeslam, impliqué dans les attentats de Paris et Saint-Denis. Il avait été arrêté 15 jours plus tôt dans la commune bruxelloise de Molenbeek.

De la justice belge à la justice française

Les autorités belges et françaises sont en train de mettre au point les modalités de son transfèrement depuis la prison belge de Bruges. Il doit intervenir avant la mi-avril. Une fois en France, Salah Abdeslam sera présenté aux juges antiterroristes pour sa mise en examen avant un probable placement en détention provisoire.

Une fois la frontière passée, son avocat belge, Sven Mary, devra passer la main à un confrère français. Mais qui va accepter de défendre "l’ennemi public numéro un" ?

Les précisions de Sara Ghibaudo du service Enquête-Justice de France Inter.

Tâche impossible ou défi incroyable

Sauf surprise, la défense de Salah Abdeslam devrait être confiée soit à un ténor du barreau, soit à la jeune génération issue des concours d’éloquence et déjà rompue aux dossiers djihadistes, comme Martin Pradel, qui accepterait le dossier si on le lui demandait.

"Pour un avocat, la question ne se pose pas vraiment. Une personne ne peut pas être condamnée sans avoir été défendue. Et cette personne doit être d’autant plus défendue que toute la société l’accuse. " L'avocat Martin Pradel

D’autres sont un peu plus réservés, pensant aux conséquences, notamment sur leur famille, car la pression est énorme. Sven Mary, l’avocat de Salah Abdeslam à Bruxelles, aurait ainsi reçu des centaines de messages d’insultes. Il a même dû fermer quelques jours son cabinet.

Cette pression et cette tornade médiatique sont au contraire l’occasion de changer et d’accélérer une carrière répliquent d’autres.

"D’un seul coup, l’avocat accède à une notoriété nationale, voire internationale. Et la notoriété dans notre profession, c’est le nerf de la guerre. Moi, je préfère l’odeur du souffre au conformisme. L’autre avantage de ce type de dossier de terrorisme, de crime contre l’humanité, de tueurs en série, c’est qu’on est au sommet du Code pénal. " Francis Vuillemin, avocat qui a défendu Maurice Papon et Carlos.

Tout dépendra de l'attitude du client nuance un avocat très connu : un Abdeslam qui veut s'expliquer serait plus intéressant à défendre qu'un homme qui s'enferme dans le déni ou la provocation.

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