Il y a quelques jours, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur des soupçons d'abus sexuels et de violences sur des jeunes filles centrafricaines.

Selon l'ONG Aids Free World, qui a révélé l'affaire (rapport en anglais), trois jeunes filles accusent des militaires français de les avoir ligotées et forcées à des rapports sexuels avec un chien, contre un peu d'argent.

Sangaris a été lancée en décembre 2013. 2000 militaires français ont été déployés avec l'aval de l'ONU, pour restaurer la sécurité et mettre fin aux massacres commis à la fois par la rébellion Séléka contre les chrétiens, et par les milices anti-Balaka contre les musulmans.

Emmanuel Daoud
Emmanuel Daoud © MaxPPP / Thomas Padilla

Ce n'est pas la première fois que les militaires français sont incriminés en Centrafrique.

Une information judiciaire et une enquête préliminaire sont ouvertes sur des accusations de viols portées depuis 2014 par des jeunes garçons centrafricains. Cinq militaires ont été entendus, mais n'ont pas été mis en examen.

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La justice française se donne tous les moyens, les investigations sont de qualité. C'est un dossier traité avec beaucoup de sérieux, affirme Emmanuel Daoud, avocat de l'ONG Ecpat. C'est déjà compliqué de rassembler des preuves lorsque les affaires se passent en France, vous imaginez bien que lorsqu'il s'agit d'enquêter en Centrafrique, c'est beaucoup plus compliqué et je ne pense pas que le fait qu'il s'agisse de militaires français ait un impact particulier. Pour moi, ce dossier n'est pas terminé. Est-ce qu'il peut y avoir une interaction avec l'affaire révélée il y a deux trois jours, je n'en sais rien. Il y a matière à réflexion. Il y a encore des investigations à mener.

Tests ADN et cours martiales

Dans ces deux affaires, tous les soldats incriminés ont quitté la Centrafrique. Leurs contingents (français, mais aussi burundais ou gabonais) sont confinés dans leurs bases.

L'ONU réfléchit aussi à installer des cours martiales dans les pays où de telles accusations sont portées contre des casques bleus ou soldats de forces internationales.

C'est une bonne idée, selon Emmanuel Daoud, avocat de parties civiles. Ca raccourcira le temps de la réaction juridique et judiciaire. L'ONU devrait aussi réfléchir à cette formidable hypocrisie qui consiste à considérer que des contingents de militaires arriveraient dans ces pays et leur libido disparaitrait du jour au lendemain.(...) Les Nations Unies devraient réfléchir a des relèves plus régulières de ces troupes. Sinon, on institutionnalise le recours a la prostitution.

►►► CONSULTER | Sur le site de france Inter L'ONU pense à un système de test ADN

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