Il y a qquatre mois TGV, tombé dans le canal de la Marne au Rhin après avoir abordé  une courbe à 265 km/h
Il y a qquatre mois TGV, tombé dans le canal de la Marne au Rhin après avoir abordé une courbe à 265 km/h © G. Varela/20 Minutes/SIPA

Quatre mois après le déraillement en Alsace d'une rame d'essai de TGV qui a fait 11 morts et 42 blessés, la SNCF réunit pour la première fois samedi à Paris les familles des victimes.

Pour les 90 victimes et leurs proches, il s’agissait de la première réunion après l'accident du 14 novembre dernier. Elles sont ressorties sans un mot, par petits groupes, dument escortés depuis le centre ministériel du 15e arrondissement où cette première rencontre avec la SNCF avait lieu, jusqu’à une file de taxis qui les ont raccompagnés.

La rencontre a duré un plus de trois heures, clôturée par une intervention du président de la SNCF, Guillaume Pepy. Car il faut dire que ce dossier est complexe pour l'image de la SNCF bien sûr, mais aussi sur le plan de l'indemnisation des victimes. Car si certains passagers de ce train, salariés de la SNCF, sont en situation d’accident du travail, d’autres simplement, épouses, enfants ou proches de cheminots étaient invités à ce voyage d'essai et donc dépourvues de billet. Elles ne bénéficient donc en théorie même pas d’assurance.

Mais toutes les victimes ont été rassurées sur leurs perspectives d'indemnisation, selonl’avocat de plusieurs victimes, Me Chemla , qui a parlé d'un climat d'apaisement : la SCNF reconnaît et assume ses responsabilités dans ce dossier.

Outre la question des indemnisations, il a aussi été question de l'enquête et des circonstances de l'accident. Et si la SNCF, qui s'est refusée aujourd'hui à tout commentaire, a avant tout renvoyé vers la justice et l'enquête judiciaire en cours, elle s'est néanmoins voulue la plus pédagogique possible lors de ce rendez-vous. "C'était très bien, très clair" a d'ailleurs reconnu cet homme présent à la réunion.

La SNCF, s'est effectivement employée, schémas à l’appui, à décrire les circonstances de cet accident meurtrier comme l’explique Michèle de Kerkove, présidente de l’association de victimes INAVEM.

La vitesse en question

Ce qui n’a donc pas été dit à cette réunion, et que révèle pourtant l’enquête, selon une information du Parisien aujourd’hui, c’est que ce freinage tardif serait une décision délibérée prise par un cadre de la SNCF, présent ce jour-là dans la cabine conducteur comme habituellement dans le cas d'essai.

Ce cadre aurait, sciemment demandé au conducteur de freiner un kilomètre plus tard que ce que prévoyait la feuille de route. Il aurait ainsi indiqué lors de son audition devant les enquêteurs avoir voulu accélérer, compte tenu des bonnes performances du train lors du voyage aller. On le connaît le résultat : la rame est arrivée dans la courbe à la vitesse de 265 kilomètres au lieu des 176 prévus et le déraillement a couté la vie à 11 personnes et en a blessé et 42 autres.

Initialement prévue pour le mois d'avril, la mise en service de la ligne à grande vitesse (LGV) Est européenne entre Paris et Strasbourg est désormais fixée au 3 juillet. Les essais ont repris lundi.

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