Accusé de viol, le ministre de l'Intérieur a affirmé sur France Inter qu'il avait demandé une confrontation avec son accusatrice qui lui a été refusée, selon ses dires. Mais selon une source proche du dossier que nous avons contacté, cette confrontation va bien avoir lieu.

Gérald Darmanin
Gérald Darmanin © Radio France

"On préfère de fausses fuites, tout ça est largement arrangé", a dénoncé ce lundi matin sur France Inter Gérald Darmanin. Le ministre de l'Intérieur répond ainsi aux articles publiés la semaine dernière par "20 minutes" et "Mediapart" dans lesquels figurent des éléments de son audition chez les juges le 14 décembre dernier. 

Le ministre de l'Intérieur était entendu dans le cadre d'une information judiciaire pour "viol, harcèlement sexuel et abus de confiance" qui le vise pour des faits présumés datant de 2009. Derrière ces accusation, Sophie Patterson-Spatz. Pour rappel, Gérald Darmanin avait été auditionné en décembre sur sa demande. À l'issue de cette audition, le ministre avait été placé sous le statut de témoin assisté. Dans son article, "Mediapart" évoque des "contradictions" entre les déclarations du ministre et les éléments de l'enquête. De son côté, le ministre de l'Intérieur dénonce une "violation absolue, totale du secret de l'instruction". 

Le ministre affirme également avoir demandé une confrontation qui lui a été refusé, selon ses dires : "J'ai moi-même demandé la confrontation qu'on me refuse, c'est quand même très étonnant." Une source a toutefois assuré à l'AFP qu'après des difficultés d'organisation, une confrontation était bien prévue dans le cabinet de la juge d'instruction dans quelques semaines. Information confirmée lundi à France Inter par une source proche du dossier.

"Quand on fait de la politique, il faut s'attendre à ce genre d'attaques"

L'enquête avait été classée sans suite à deux reprises entre 2017 et 2018 et une juge d'instruction avait refusé d'enquêter sur le sujet. Après deux ans de bataille procédurale, la cour d'appel de Paris a finalement ordonné mi-juin la reprise des investigations sur cette accusation de viol. Depuis l'été dernier, une autre autre juge d'instruction est en charge de l'enquête. De son côté, Gérald Darmanin - qui voyait dans les précédents classements sans suite des "décisions favorables" - a fait part de son "dégoût" face à la "calomnie" et "l'ignominie" qui "continuent dans des conditions obscènes".

Et le locataire de la place Beauvau d'ajouter : "Quand on fait de la politique, il faut s'attendre à ce genre d'attaques extrêmement basses [...] Les actes contre les femmes, les violences sexuelles sont un mal qui rongent la société, la calomnie ronge aussi beaucoup l'honneur des femmes et des hommes". Contactées, les avocates de la plaignante, maîtres Elodie Tuaillon-Hibon et Marjolaine Vignola, n'ont pas souhaité s'exprimer.

Des faits qui se seraient passés en 2009

Selon Sophie Patterson-Spatz, les faits se seraient produits en 2009. Elle dit s'être adressée à l'élu, alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP, pour tenter de faire réviser une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants à l'égard d'un ex-compagnon. Toujours selon elle, Gérald Darmanin lui aurait fait miroiter son appui auprès de la Chancellerie via une lettre, en échange de faveurs sexuelles qu'elle aurait acceptées en mars 2009, se sentant contrainte de "passer à la casserole", selon son expression devant les enquêteurs.

Entendu en audition libre pendant l'enquête préliminaire en février 2018, l'actuel ministre de l'Intérieur a confirmé avoir eu une relation sexuelle avec la plaignante, mais selon lui librement consentie et à l'initiative de la plaignante : "Il n'y a eu aucune contrepartie".