En mars dernier, l’ONG Sherpa a accusé Vinci de réduire en esclavage des salariés sur les chantiers liés à l'organisation du Mondial-2022 au Qatar. Le géant français du BTP a porté plainte début mai pour atteinte à la présomption d’innocence. L’audience a lieu ce mercredi matin.

Preuve de l’importance du dossier, le PDG de Vinci Xavier Huillard devrait être présent ; il considère que les accusations de travail forcé "sont dénuées de tout fondement " et veut obtenir la condamnation de Sherpa ainsi que la publication d’un communiqué sur le site de l'ONG.

Xavier Huillard
Xavier Huillard © CC BY-SA 2.0 / MEDEF

Agitation médiatique

Vinci reproche aussi à l’association d’avoir voulu susciter l’agitation médiatique au moment où l’Assemblée nationale examinait une loi sur le "devoir de vigilance écologique et sociale" des multinationales.

Une " instrumentalisation à des fins politiques" et un moyen pour Sherpa "se faire de la publicité" selon l'avocat du groupe, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi.

Ouverture d’une enquête

Suite à la plainte de Sherpa en mars, le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire contre Vinci et sa filiale qatarie QDVC . Le procureur dira si le dossier doit être clos ou s'il faut le confier à un juge d'instruction.

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Créée en 2007, QDVC emploie en direct 3.300 salariés de 65 nationalités au Qatar, dont 2.000 ouvriers, principalement des Indiens, des Népalais et des Sri-Lankais. Les contrats représentent un montant global de 2,2 milliards d'euros, qui vont jusqu'en 2019.

Le groupe a aussi déjà porté plainte pour diffamation contre Sherpa, pour l’instant la date de cette audience n’est pas fixée.

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