Toute la journée d’hier, il a été question de Fabienne. Son enfance, sa famille et ses multiples conflits, sa relation avec Michel. C’est à peine si Adelaïde a été évoquée.

Fabienne Kabou dans le box des accusés
Fabienne Kabou dans le box des accusés © Radio France / Hakim Akhenak/ ESA

Mais ce matin, Fabienne Kabou est entendue sur les faits. Et cela commence par le récit de son accouchement, seule, de nuit, dans l’atelier de sculpteur de Michel où elle vit mais où lui, au chevet de son frère malade, n’est pas présent ce jour-là : “je n’ai pas jugé utile de l’appeler. J’ai accouché seule. J’étais fébrile, j’ai eu peur de ne pas y arriver. Puis quand elle arrive, c’est un moment d’émerveillement. Il se dégageait une sérénité d’elle qui en imposait.”

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S’ensuivent 15 mois d’une vie de famille un peu bancale. Recluse à l’atelier, Fabienne ne sort que rarement : “jusqu’à six mois, il n’était pas question que je sorte d’Ada. Mais quand elle dormait, je continuais à faire mes promenades …” La petite Adelaïde, qui dormait dans le lit conjugal “avec moi, sur un côté”, précise Fabienne Kabou.

Fabienne Kabou dans le box des accusés
Fabienne Kabou dans le box des accusés © Radio France / Hakim Akhenak/ ESA

Dans l’atelier qui leur sert de domicile, très peu de matériel de puériculture. Pas de berceau, “j’ai acheté un transat, quelques vêtements”, explique Fabienne Kabou, “peu de choses”. Car Adélaïde ne doit pas rester longtemps chez ses parents. Dès avant la naissance, Fabienne a expliqué à Michel qu’elle confierait sa fille à sa mère, au Sénégal, le temps de finir sa thèse et trouver un emploi. En réalité, la mère de Fabienne n’est pas au courant de la grossesse de sa fille. Elle ne vit pas au Sénégal, mais en Espagne depuis des années. Et Fabienne ne prépare aucune thèse.

C’est le premier des mensonges de Fabienne. Elle poursuivra dans cette “spirale”, comme elle l’appelle. A Michel, son compagnon, elle explique qu’elle a accouché à la clinique parisienne des Bluets, qu’elle a déclaré leur fille à l’état civil.

De la courte vie d’Adelaïde, Fabienne évoque sa joie “de la voir courir, de l’entendre m’appeler “maman”, de montrer le chocolat noir parce qu’elle adore ça.” Elle a marché à dix mois, commençait à parler. Fabienne Kabou craque quand elle évoque le bain quotidien. En pleurs, au présent, elle raconte depuis le box vitré de la cour d’assises : “tous les matins, je la masse très longuement. C’est notre moment à nous.” Des moments que personne d’autre n’a partagé. Et pour cause. Seuls Michel et Fabienne ont eu connaissance de l’existence d’Adélaïde.

Et l’avocat de Michel Lafon, Me Christian Saint-Palais d’en conclure : “finalement, c’est la mort d’Ada qui a révélé sa vie.”

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