La famille a décidé de porter plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Adama Traoré est mort lors de son interpellation le 19 juillet

Lors de la manifestation de soutien aux proches d'Adama Traoré, devant la Gare du Nord à Paris, le 30 juillet.
Lors de la manifestation de soutien aux proches d'Adama Traoré, devant la Gare du Nord à Paris, le 30 juillet. © AFP / Julien Mattia / NurPhoto

La mort d’Adama Traoré, intervenue lors de son interpellation par les gendarmes, et le jour même de ses 24 ans, avait embrasé des quartiers de Beaumont-sur-Oise et des communes alentours, pendant que les proches du jeune homme réclamaient de faire toute la lumière sur les circonstances du décès, notamment avec l'organisation d'une manifestation pacifique, mais sous tension, le 30 juillet dernier devant la Gare du Nord à ParisAprès deux autopsies et le refus de la justice d'en ordonner une troisième, des zones d’ombre persistent mais de nouveaux éléments sont apparus qui permettent de reconstituer un peu plus précisement le scénario de l’arrestation d’Adama Traoré.

Tout a commencé avec une interpellation mouvementée : le garçon a échappé à son arrestation à deux reprises, avant d'être maîtrisé -sans résistance- à son domicile par trois gendarmes, qui le maintiennent au sol quelques minutes et le menottent. Une première fois, Adama Traoré va se plaindre de difficultés à respirer. Puis, dans le véhicule des gendarmes, Adama Traoré commence à perdre connaissance, et s'urine dessus.

Enfin, dans la cour de la gendarmerie où il est allongé sur le sol, toujours menotté, Adama Traoré est inconscient. Les gendarmes se demandent d’abord s'il simule, puis appellent les pompiers. Trop tard : à leur arrivée, il ne respire plus.

Des éléments d’autopsie supplémentaires

Les rapports d'autopsie apportent quelques éléments de réponse : d'abord, il n'y a pas de traces significatives de violence. Il y a, en revanche, la trace d'une possible infection au cœur. Et puis les rapports n'évacuent pas l'hypothèse d'une asphyxie ayant entrainé le décès, ou l'effet cumulé d'un "syndrome asphyxique" amplifié par une fragilité cardiaque.

La communication de la justice montrée du doigt

Au-delà des faits, il y a la communication qui en a été faite par le procureur de Pontoise : Yves Jannier a très vite indiqué publiquement qu'il n'y avait pas de traces de violence, mais il a insisté, dans son premier communiqué, sur la présence d’une "infection très grave", sans jamais ne faire état de l'hypothèse d'une asphyxie, qui est pourtant évoquée par les experts.

La famille Traoré a décidé de porter plainte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Elle fait également une demande de "dépaysement", pour que l'enquête ne soit plus du ressort du tribunal de Pontoise, pour lequel travaillent également les gendarmes incriminés.

Yacine Bouzrou, avocat de la famille Traoré "Dire qu'il n'y a pas de traces de violences est faux (...) La compression thoracique EST une violence" (Invité du 13h de France Inter, présenté par Marion L'Hour)

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