Mis en examen pour escroquerie en 2015, Gérard Lhéritier s'est enrichi en faisant miroiter de gros rendements sur la vente de manuscrits. Des personnalités ont été flouées.

Gérard Lhéritier pose en 2009 avec un manuscrit de Louis XVI
Gérard Lhéritier pose en 2009 avec un manuscrit de Louis XVI © AFP / STEPHANE DANNA

Au total, 130 000 manuscrits ont été vendus pour 850 millions d'euros !

Aristophil est le nom de cette société de Gérard Lhéritier qui propose d'investir dans le patrimoine culturel, les lettres et les manuscrits, et qui se retrouve aujourd'hui au cœur d'une vaste escroquerie présumée. Son dirigeant a été mis en examen en 2015. Gérard Lhéritier achète puis vend à monsieur-tout-le-monde et à des connaissances parfois célèbres (journalistes, hommes politiques, des écrivains) des manuscrits du Marquis de Sade, de Saint-Exupéry ou de Napoléon en indivision. Il garde ensuite les manuscrits pour les valoriser, en les exposant dans son musée à Paris.

La société Theophil est soupçonnée de n'être rien d'autre qu'une pyramide de Ponzi, où les nouveaux investisseurs entrants permettent à leurs prédécesseurs de s'enricher.

Ce jeudi matin, le Tribunal de Grande Instance de Paris a autorisé la revente de ces manuscrits, et permet ainsi aux investisseurs de récupérer une partie de leur mise de départ. Encore faut-il que les ventes s'étalent sur plusieurs années, afin que les oeuvres aient plus de valeur.

Geoffroy de la Taille a investi 180 000 euros pour des manuscrits de Saint-Exupéry et de Charlotte Brontë, qui auraient été surévalués et vaudraient bien moins cher :

J'entrevois l'espoir de récupérer une partie de ma mise, entre 5 et 15%

ALLER PLUS LOIN | Secrets d'info sur France Inter : Gérard Lhéritier, le "Madoff" des manuscrits ?

Me Philippe Julien, l'avocat de l'association de défense des investisseurs ADILEMA, vient de négocier un accord :

Cet accord va permettre de contrôler la revente des manuscrits, pour éviter des manipulations

Les investisseurs peuvent aussi espérer être indemnisé dans le volet pénal de l'affaire : sept personnes sont déjà mises en examen.

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