Palais de justice de Melun
Palais de justice de Melun © Radio France / Corinne Audouin

EN DIRECT DE L'AUDIENCE - Le procès des parents du petit Bastien, mort dans la machine à laver familiale, s'est achevé ce soir. Dans son réquisitoire, le procureur avait demandé la perpétuité pour le père, et contestait la complicité de la mère. Christophe Champenois et Charlène Cotte encouraient la réclusion criminelle à perpétuité, respectivement pour meurtre aggravé et complicité. Au fil des témoignages, des dits et des non-dits des accusés, se dessine le portrait d’un couple pathologique.

Il est enfermé dans le box, entre deux gendarmes. Elle comparaît libre, assise sur une simple chaise devant son avocat. Mais le dispositif n’a pas tourné à l’avantage de Charlène Cotte. Prostrée, le plus souvent impassible, la jeune femme a peiné à convaincre qu’elle était sous l'emprise d'un homme violent, éplorée par la perte de son petit garçon. Une froideur apparente qui ne veut rien dire, selon son avocat, Gérard Zbili.

On ne pleure pas sur commande, on peut avoir une peine immense enfouie Tout le monde ne réagit pas de la même manière. Devant le magistrat instructeur, à plusieurs moments, et je le dirai, Charlène Cotte a pleuré. Les jurés devront le prendre en compte.

Plus gênant, les experts ont estimé que Charlène Cotte avait sa part dans le fonctionnement du couple. Christophe Champenois, caractériel, agressif, avait certes un ascendant sur elle. Mais elle y trouvait aussi son compte, dans l’absence de responsabilité, de décisions à prendre. N'aurait-elle pas choisi de préserver son couple, plutôt que de sauver son enfant ?

Tremblant, cachant son visage entre ses mains

L'hypothèse, avancée par les psychiatres, est ravageuse pour celle qui se présente comme victime de son compagnon. Dans le box, amoindri par sa maladie et les médicaments, Christophe Champenois est lui resté agrippé à son absence de souvenirs des faits. Souvent tremblant, cachant son visage dans ses mains, il a dit vouloir cependant assumer sa responsabilité dans la mort de son fils. Cette absence de souvenirs est elle crédible? Oui, explique son avocat, Jean Christophe Ramadier.

Pour avoir parlé avec lui pendant des heures, je peux vous dire que ce n'est pas un artifice. C'est un mécanisme de défense, pour essayer d'occulter cet épisode épouvantable, et continuer de vivre malgré tout.

Y a-t-il un, ou deux coupables de la mort de Bastien ? C’est la question à laquelle devront répondre les jurés. Verdict dans la soirée.

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