Le photographe, accusé d'avoir abusé des largesses de la milliardaire, saura ce mercredi si la cour d'appel de Bordeaux confirme ou non sa condamnation à trois ans de prison.

François-Marie Banier devant la cour d'appel de Bordeaux
François-Marie Banier devant la cour d'appel de Bordeaux © Radio France / Corinne Audouin

De ce monstre politico-médiatico-juridique, restent quatre hommes, rejugés en appel à Bordeaux en mai dernier, en correctionnelle, pour avoir abusé de la faiblesse de la milliardaire. Liliane Bettencourt est aujourd'hui âgée de 93 ans, placée sous tutelle, elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer et n'a pas assisté à ce procès.

En première instance, François-Marie Banier avait écopé d'une peine sévère : trois ans de prison dont six mois avec sursis et surtout, 158 millions de dommages et intérêts à payer à Liliane Bettencourt. L'audience en appel, où ne restaient de quatre prévenus (au lieu de neuf en première instance), s'était beaucoup mieux passée pour le photographe.. L'ami des stars à l'humour acide s'était montré beaucoup moins provocateur. A-t-il pour autant convaincu la cour que Liliane Bettencourt, diminuée par la maladie, lui a donné tous ses millions (plusieurs centaines en assurance vie et tableaux, entre 2006 et 2010) par pure amitié ?

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François-Marie Banier a une peur bleue d'aller en prison, et une autre, celle d'être ruiné. L'avocat général a certes demandé la confirmation de la peine de trois ans de prison, dont 6 mois avec sursis, prononcée contre lui, et les parties civiles ont demandé, à nouveau 158 millions d'euros... Mais tout était différent, lors de ce deuxième procès. La présidente a reconnu qu'une amitié réelle avait existé entre lui et la milliardaire. Et l'accusation n'a pas repris les mots de "gourou" et de "prédateur" écrits dans le premier jugement.

Pour l'avocat général, c'est l'histoire histoire d'amitié qui a dérapé. D'un homme habile, qui a profité de la mésentente entre la milliardaire et sa fille, pour lui soutirer le plus d'argent possible, dans une véritable boulimie d'argent. Et c'est un François Marie Banier métamorphosé qui avait reconnu calmement à la barre qu'il n'était pas un saint, et que oui, tout cet argent l'avait grisé, tout en niant farouchement avoir abusé de la générosité de son amie.

Bien sur que c'était des sommes démentes, absurdes, mais c'était son plaisir.

Si la relaxe semble improbable, le photographe peut toutefois espérer une condamnation plus clémente. La cour d'appel rendra son arrêt ce mercredi à 14h à Bordeaux. Trois autres prévenus seront fixés sur leur sort : Martin d'Orgeval, l'ami de François-Marie Banier, le notaire Patrice Bonduelle et l'avocat Pascal Wilhelm.