Le parquet de Paris a annoncé ce mardi avoir ouvert une enquête pour "viol par personne ayant autorité", après la publication dans la presse du témoignage d'un homme qui accuse Christophe Girard de l'avoir violé dans les années 1990. Mais comment enquêter sur les faits, si longtemps après ?

Dans le cas de Christophe Girard, l'ouverture de l'enquête vise aussi à savoir si les faits sont prescrits ou non.
Dans le cas de Christophe Girard, l'ouverture de l'enquête vise aussi à savoir si les faits sont prescrits ou non. © AFP / Lionel Bonaventure

Chaque affaire est unique, vous diront les enquêteurs spécialisés. Cependant, lorsqu'il s'agit de remonter le temps, une constante s'impose : faire appel aux mémoires des uns et des autres. Toute enquête commence donc par l'audition des témoins. Dans le cas de l'enquête préliminaire ouverte ce lundi par le parquet de Paris pour "viol par personne ayant autorité", l'homme qui accuse Christophe Girard devrait donc être entendu par les enquêteurs de la Brigade de protection des mineurs, ainsi que l'ancien adjoint à la maire de Paris. Puis, petit à petit, en fonction des éventuels noms cités, pourraient intervenir d'autres auditions. Ainsi se déroule la pelote des souvenirs, avec, parfois, leurs nœuds d'imprécisions, d'oublis, ou, a contrario, d'images très précises.

Les témoignages

L'autre méthode à laquelle peuvent avoir recours les enquêteurs, lorsqu'il s'agit de reconstituer des faits anciens, est la constatation sur les lieux : lorsqu'un témoin affirme, par exemple avoir été victime de faits dans un immeuble qui se situe près d'un monument, ou dans telle rue connue, aller sur place permet de vérifier la crédibilité à accorder à ses dires. Tout en devant tenir compte des éventuels changements survenus à cet endroit, et des failles de mémoires.

La question de la prescription

Dans le cas de cette enquête ouverte pour "viol par personnes ayant autorité", il s'agira aussi de savoir si cette infraction peut réellement être retenue. Dans son témoignage au New York Times, l'homme qui accuse Christophe Girard souligne : "on peut dire que j'étais consentant", mais il avance également aussi des pressions, parle d'engrenage, de promesses...

Enfin, dans son entretien au journal américain, cet homme, âgé aujourd'hui de 46 ans, décrit une vingtaine de relations sexuelles contre son gré qui ont commencé lorsqu'il avait seize ans, et était donc mineur, et qui ont ensuite ont duré plusieurs années, donc possiblement après sa majorité. L'ouverture de cette enquête vise donc aussi à savoir si les faits sont prescrits ou non.

Christophe Girard a annoncé mardi sa décision de se mettre en retrait de la majorité au sein du Conseil de Paris, "le temps de l'enquête préliminaire et pour mieux me défendre", dit-il.

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