Le village de Tarnac
Le village de Tarnac © MaxPPP/La Montagne/P Chareyron

Huit militants libertaires, dont Julien Coupat, ont été renvoyés en correctionnelle dans l'affaire dite du "groupe de Tarnac", mais la qualification "terroriste" a été abandonnée pour l'ensemble des infractions.

Dans cette affaire de sabotages de lignes TGV en 2008, après sept années d'instruction, des centaines d'heures d'écoutes, d'interrogatoires et de reconstitutions, Julien Coupat, leader présumé du groupe, sa compagne Yildune Lévy et deux autres personnes sont renvoyés en procès pour "association de malfaiteurs" . Quatre autres personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de donner leur ADN et, pour deux d'entre elles, pour falsification de documents administratifs.

Dans son ordonnance rendue vendredi, Jeanne Duyé, la juge d'instruction antiterroriste en charge du dossier, n'a pas suivi les réquisitions du parquet qui demandait que la circonstance aggravante d'"entreprise terroriste" soit retenue à l'encontre de trois militants, dont Julien Coupat et Yildune Lévy.

Les explications de Corinne Audouin

Le parquet a cinq jours après la signature de l'ordonnance pour faire appel devant la chambre d'instruction.

Tout ça pour ça ?

La réaction de Marcel Gay, journaliste, auteur du livre "Le Coup de Tarnac" sorti en 2009, quelques mois seulement après le début de l'affaire.Pour Marcel Gay, "les dés étaient pipés dès le début de l'affaire". il répond à Benjami Illy

Une victoire, mais en démi-teinte

C'est comme ça que le "groupe de Tarnac" a ressenti l'annonce, toujours convaincus que la police a fabriqué des faux pour les perdre.

Mathieu Burnel est l'un des prévenus, renvoyé au tribunal pour refus de prélèvement ADN. Il s'exprime au nom des huit membres du groupe au micro de Corinne Audouin

Maître Marie Dosé, l'un des avocats des prévenus, salue le courage d'un magistrat instructeur qui a décidé de regarder le dossie et d'écouter la défense

L'affaire avait été largement médiatisée, voir politisée, dès le début de l'enquête

Les faits remontent à la nuit du 7 au 8 novembre 2008 , par le sabotage d'une ligne TGV, à Dhuisy (Seine-et-Marne), avec des crochets posés sur des caténaires. Le sabotage cause d'importants dégâts lors du passage du premier TGV le matin. Les agents SNCF interrogés plus tard expliqueront que le dispositif ne menaçait pas la sécurité des voyageurs.Trois jours plus tard, la police arrêtait 20 personnes, notamment à Tarnac en Corrèze..

Le "groupe de Tarnac", présenté comme proche de l'ultra-gauche, est soupçonné d'être à l'origine du sabotages de Dhuisy mais aussi de sabotages de lignes SNCF sur des caténaires dans l'Oise, l'Yonne et la Seine-et-Marne.

Le leader présumé du groupe c'est Julien Coupat. Il a reconnu sa présence sur les lieux, ainsi que celle de sa compagne de l'époque Gabrielle Hallez. Mais il nie avoir participé au sabotage. Julien Coupat est resté un peu plus de six mois en détention provisoire. Il a été considéré comme l’auteur du livre "L’Insurrection qui vient" , un texte qui préconise un "blocage organisé des axes de communication", au premier rang desquels les chemins de fer.

Cette affaire a suscité une vive polémique, le gouvernement et la ministre de l'Intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, ayant été accusés de l'instrumentaliser en insistant sur son caractère terroriste.

Pour Maître William Bourdon, avocat de Julien Coupat on avait voulu inventer à l'époque des "ennemis de l'intérieur"

Le 12 mai 2015 Julien Coupat, acceptait pour la première fois de s'exprimer à la radio, sept ans après le début de l'affaire dite de Tarnac. C'était sur France Inter

►►► POUR EN SAVOIR PLUS | écoutez Affaires Sensibles consacrée à Tarnac – Présumé coupable quand l’antiterrorisme déraille

de sabotages de lignes SNCF sur des caténaires

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