La mère et le beau-père campent sur leurs positions, s'accusant mutuellement de violences sur la fillette. Ils ont en revanche raconté en détail comment ils l'avaient enterrée.

Le procès Fiona est entré dans son quatrième jour
Le procès Fiona est entré dans son quatrième jour © Maxppp / Rémi Dugne

Sur les causes de la mort, pas de révélation. Cécile Bourgeon accuse toujours Berkane Makhlouf d’avoir porté un coup à la tête de la fillette, puis des coups au thorax, quelques jours plus tard. Le soir même, l’enfant serait morte pendant la nuit, étouffée par son vomi. Lui nie avoir porté le moindre coup à l’enfant, et parle de claques données par la mère... Mais aucun ne pense que les coups donnés aie pu causer sa mort.

Bref, on n’y voit guère plus clair. Ils sont en revanche revenus en détail sur l’expédition pour aller enterrer le corps de la petite fille, avant de faire croire à sa disparition.

"On n’a rien prémédité", explique Berkane Makhlouf. "On avait peur qu’il y ait une enquête sociale, peur de se faire enlever nos enfants." Alors à 10 heures du matin, ils mettent le corps de Fiona dans un sac. "Je crois qu’on l’a mise dans le coffre", dit le beau père. "Non, c’était à l’arrière de la voiture", corrige Cécile Bourgeon.

Sortir de "l'enfer du mensonge"

La petite sœur de Fiona, dans son siège auto, est aussi du voyage. "On était tellement choqués, on était défoncés au Xanax, au Subutex", disent ils. C’est la mère qui conduit, elle dit s’être perdue pendant deux heures, complètement en panique, avant de prendre un chemin. Tout est flou. Berkane Makhlouf se souvient d’avoir creusé avec une pelle au manche cassé. Il mime le geste dans le box. La terre est dure, le trou sera peu profond. Fiona est nue, elle ne porte qu’un pendentif. Ils la recouvrent de feuillages, de branchages. Cécile Bourgeon dit avoir fait une croix avec deux branches. "Et puis on a dit la prière en arabe, la prière des morts", explique Berkane Makhlouf, "et on est parti".

Cécile Bourgeon tente de convaincre la cour que tout cela n’était pas organisé. Un peu plus tard, l’accusée remercie les policiers qui l’ont amenée à avouer en garde à vue. "Ils m’ont tendu la main, pour me sortir de cet enfer infernal du mensonge. Si on retrouvait le corps de ma fille, c’est un autre poids qui s’enlèverait."

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