Les avocats de Murielle Bolle déposent vendredi 1er décembre deux recours devant la cour d’appel de Dijon. Ils veulent tenter de faire annuler la mise en examen de leur cliente, ainsi que sa garde à vue en novembre 1984.

Murielle Bolle est poursuivie depuis fin juin pour séquestration et enlèvement suivis de mort, dans l'affaire Grégory. Photo d'archives.
Murielle Bolle est poursuivie depuis fin juin pour séquestration et enlèvement suivis de mort, dans l'affaire Grégory. Photo d'archives. © Maxppp / L'Est Républicain

Premier angle d’attaque des avocats de Murielle Bolle : les conditions de sa garde à vue, les 2 et 3 novembre 1984. Entendue sur son emploi du temps, la jeune fille alors âgée de 15 ans finit par accuser son beau-frère Bernard Laroche d’avoir enlevé Grégory. L'enfant de quatre ans a été retrouvé mort dans la Vologne deux semaines plus tôt. Les gendarmes pensent alors tenir le coupable. Seulement le 6 novembre, l’adolescente se rétracte.

A l’époque, Murielle Bolle est entendue sans avocat, sans que le droit de se taire ne lui soit notifié, sans que ses parents ne soient immédiatement prévenus. Certes, la pratique est alors légale. Mais la loi de 84 était-elle conforme à la Constitution? Son défenseur, maître Jean-Paul Teissonnière, entend prouver que non. "Les droits de la défense sont un principe constitutionnel. Ils doivent s’appliquer à tout le monde, et a fortiori aux mineurs, particulièrement vulnérables", souligne l’avocat, qui dépose donc une question prioritaire de constitutionnalité. Si celle-ci est transmise à la Cour de cassation, puis au Conseil constitutionnel, elle pourrait conduire à l’annulation des aveux de Murielle Bolle

Annulation de sa mise en examen

Deuxième axe de cette contre-attaque judiciaire : les nullités de procédure. Plus de 32 ans après les faits, Murielle Bolle a été mise en examen fin juin pour "enlèvement et séquestration suivis de mort". Ses avocats en demandent l’annulation, notamment au motif qu’aucun indice grave ou concordant ne permet d’affirmer qu’elle a participé à l’enlèvement de Grégory Villemin. En effet, même à supposer que les aveux de l’adolescente sur sa présence dans la voiture de Bernard Laroche soient exacts, elle n’aurait pas joué un rôle actif.  Rien ne permettrait donc de l'incriminer comme complice.  L'examen de ces requêtes devrait avoir lieu en janvier, devant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon.

L'affaire Grégory Villemin, une énigme judiciaire vieille de plus de trois décennies.
L'affaire Grégory Villemin, une énigme judiciaire vieille de plus de trois décennies. © AFP / VINCENT LEFAI, SABRINA BLANCHARD, THOMAS SAINT-CRICQ
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