Sept mois après la mise en examen de Murielle Bolle, sa défense tente aujourd'hui de faire annuler, via une question prioritaire de constitutionnalité, la garde à vue de la jeune fille en 1984, celle où elle disait avoir été témoin de l'enlèvement de l'enfant par son beau-frère Bernard Laroche.

Murielle Bolle face aux journalistes en 1984
Murielle Bolle face aux journalistes en 1984 © Maxppp / Photo PQR / L'Est Républicain

Cela fait désormais 7 mois que Murielle Bolle a été mise en examen pour "enlèvement suivi de mort" du petit Grégory, 4 ans. Le crime remonte au 16 octobre 1984. Et celle qui avait 15 ans à l'époque est alors considérée comme un témoin clé : c'est elle qui avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, d'avoir enlevé le petit garçon. Des déclarations qu'elle avait ensuite retirées. Le père de Grégory, Jean-Marie, avait tué Bernard Laroche d'un coup de fusil, en 1985.

Murielle Bolle a aujourd'hui 48 ans. Placée sous contrôle judiciaire, et assignée à résidence dans la Nièvre, elle maintient avoir menti lors de ses premières déclarations qui accusaient Bernard Laroche. 

Aujourd'hui, devant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon, qui a repris toute l'affaire en 1987, ses avocats vont tenter un coup de poker : ils demandent l'annulation pure et simple de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, celle des aveux...  

Les droits de la jeune fille pas respectés

Une garde à vue qui remonte aux 2 et 3 novembre 1984, lorsque Murielle Bolle est interrogée à la gendarmerie de Bruyères. Elle dit avoir été témoin de l'enlèvement de Grégory par son beau-frère, Bernard Laroche, venu ce jour là la chercher à la sortie du collège. L'adolescente décrit la tenue de l'enfant, l'itinéraire emprunté... Et réitère ses déclarations deux jours plus tard, devant le juge Lambert. 

Mais le 6 novembre, la jeune fille se rétracte. Elle dit avoir eu peur, et clame l'innocence de son beau-frère.

Ses avocats espèrent aujourd'hui faire annuler cette garde à vue. Ils ont déposé une question prioritaire de constitutionnalité : selon Me Christophe Ballorin, les droits de la jeune fille n'ont pas été respectés.

Murielle, mineure, âgée de 15 ans à l'époque, n'a pas eu l'information qu'elle avait le droit de se taire, n'a pas eu le droit à l'assistance d'un avocat, et n'a pas eu le droit à la présence de son père ou de sa mère, d'un représentant légal. En fait, on repasse au filtre des principes fondamentaux de la Constitution (en l'espèce nos libertés publiques) un acte qui a effectivement 30 ans mais qui n'est pas valide.

L'audience, très technique, se tiendra sans Murielle Bolle, toujours assignée à résidence dans la Nièvre. La chambre de l'instruction de Dijon peut décider de rejeter la question, ou de la transmettre à la Cour de cassation. Le parquet général s'oppose à la transmission de la question. La décision devrait être mise en délibéré.

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