Le grand-oncle de Grégory Villemin, mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort, est entendu une nouvelle fois ce lundi à la cour d'appel de Dijon. Ses avocats demandent qu'il puisse retourner chez lui, à Aumontzey, dans les Vosges.

Marcel Jacob aux côtés de son avocat, ce lundi 4 décembre, à Dijon.
Marcel Jacob aux côtés de son avocat, ce lundi 4 décembre, à Dijon. © Maxppp / Alexandre Marchi

Marcel Jacob n'a pas revu la juge d'instruction, Claire Barbier, depuis sa mise en examen dans le cadre de l'enquête sur la mort de Grégory Villemin. C'était en juin dernier : soupçonné d'être impliqué, avec sa femme Jacqueline, dans l'enlèvement et la mort du petit garçon, le septuagénaire vit depuis hors des Vosges, sous contrôle judiciaire. Mais ce lundi, les avocats de Marcel Jacob comptent bien persuader la magistrate que leur client ne pouvait pas se trouver près de la Vologne, le 16 octobre 1984.

Pas de pointeuse à l'usine

Ce jour-là, Marcel Jacob a toujours affirmé qu'il était à l'usine. Une version que les enquêteurs de la section de recherche de Dijon ont, bien sûr, cherché à vérifier. 33 ans après les faits, ils sont allés interroger l'ancien propriétaire et plusieurs ouvriers de l'usine où travaillaient Jacqueline et Marcel Jacob. Le 16 octobre 1984, le couple était en horaires d'après-midi, de 13h à 21h. Un planning a priori totalement incompatible avec leur présence, en fin d'après-midi, à proximité de la Vologne, là où le corps de Grégory Villemin a été retrouvé.

Mais impossible d'avoir des certitudes : l'ex-gérant explique que deux employés pouvaient inverser leurs horaires, si le contremaître donnait son aval. Deux anciens surveillants rappellent qu'il n'y avait pas de pointeuse à l'usine, mais des carnets d'heures où les retards et absences étaient consignés. Des documents introuvables, trois décennies après les faits. Seul subsiste le compte-rendu d'une réunion syndicale qui s'est tenue ce jour-là dans un local situé en face de l'usine. Un document fourni par Marcel Jacob.

Un témoin catégorique

Le couple a-t-il repris son poste après la réunion à laquelle il assistait ? Cela semble acquis pour Jacqueline Jacob, qui conduisait un métier à filer, et devait donc être remplacée pendant son absence. Marcel Jacob, en revanche, était régleur : il surveillait le fonctionnement des machines. Selon Alain D., ancien surveillant de la filature, il pouvait donc, théoriquement, s'absenter, "une ou deux heures de temps, par exemple, pas beaucoup plus non plus".

Un homme, en revanche, se souvient parfaitement avoir vu Jacqueline et Marcel Jacob à l'usine, ce 16 octobre 1984. Il s'agit de Daniel L., qui était d'équipe avec eux ce jour-là. Il s'en souvient, parce que vers 19h, le contremaître leur avait demandé de trouver des torches électriques, pour aider à rechercher l'enfant disparu. S'il ne se souvient pas que le couple ait effectivement participé aux recherches, il est formel : "Je ne vais pas vous dire de bêtises, ils étaient là." Un témoignage, on s'en doute, majeur pour la défense de Marcel Jacob.

Après l'interrogatoire de ce lundi, les avocats de Marcel Jacob demanderont, le 20 décembre devant la chambre de l'instruction de Dijon, que leur client puisse retourner chez lui, dans les Vosges. Le 20 novembre dernier, trois jours après avoir été entendue par la juge Claire Barbier, Jacqueline Jacob, elle aussi mise en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort, a été autorisée par la justice à rentrer à Aumontzey.

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