Quatre mois après la relance spectaculaire de l’affaire, Marcel Jacob, mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivi de mort", demandait ce mercredi 25 octobre, une modification de son contrôle judiciaire.

Les avocats des époux Jacob, Stéphane Giuranna et Laure Iogna-Prat, lors de leur audition au tribunal de Dijon le 16 juin dernier
Les avocats des époux Jacob, Stéphane Giuranna et Laure Iogna-Prat, lors de leur audition au tribunal de Dijon le 16 juin dernier © Maxppp / Photos PQR/Le Bien Public/ Philippe BRUCHOT

Le 14 juin 2017, l'affaire Grégory Villemin était relancée, avec une série d'interpellations et d'auditions dans les Vosges. 

Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de l'enfant, étaient placés en garde à vue, puis mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivis de mort". Fin juin, c'était au tour de Murielle Bolle d'être mise en examen pour "enlèvement suivi de mort". Tous trois sont placés sous contrôle judiciaire, loin des Vosges où ils résident. 

Les époux Jacob, âgés de 72 et 73 ans, sont astreints à vivre séparés, avec interdiction de se parler. Ils se disent totalement étrangers à la mort de Grégory, retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne, le 16 octobre 84.

Ce mercredi matin, la chambre de l'instruction de Dijon, examinait la demande de Marcel Jacob

Contraint depuis quatre mois de vivre en Haute Marne, avec interdiction d'entrer en contact avec son épouse, elle-même domiciliée en Alsace, Marcel Jacob ne sera pas présent à cette audience. 

Ses avocats ont demandé qu'il puisse rentrer chez lui. Car Marcel Jacob n’en peut plus. Ses Vosges natales lui manquent, ainsi que son quotidien de retraité, occupé à bricoler dans sa maison et son jardin. 

Si longtemps après les faits, rien ne justifie, selon ses avocats, qu'il soit obligé de vivre loin de chez lui, alors que l’enquête semble au point mort. Le parquet général de Dijon, opposé à cette demande, soutient le contraire. 

Selon nos informations, l’accusation avance trois arguments.

D'abord, en raison des soupçons qui pèsent sur le couple Jacob d'être les corbeaux de l'affaire Grégory.  Une expertise en écriture désigne Jacqueline Jacob comme étant vraisemblablement l'auteur de trois lettres envoyées aux Villemin. L’experte écarte en revanche qu’elle puisse être l’auteur de la lettre de revendication du crime, postée le jour même. 

Lors d’appels enregistrés du corbeau, on entend une personne descendre un escalier comportant 13 marches. 13 marches, comme chez les Jacob. 

Ensuite, parce qu'il faut pousser plus loin les investigations sur l'emploi du temps de Marcel Jacob le jour du crime

Le grand-oncle de Grégory travaillait à la filature d'Aumontzey, un alibi vérifié à l'époque auprès de son employeur. Insuffisant pour les enquêteurs, qui tentent de savoir, 33 ans après, si Marcel Jacob n'aurait pas pu s'absenter quelques heures. Très proche de son neveu Bernard Laroche, avec qui il a été élevé, Marcel Jacob est soupçonné d’avoir participé au crime.

Dans cette hypothèse, Bernard Laroche (tué par le père de Grégory, Jean-Marie Villemin, en 1985) aurait enlevé l’enfant, avant de le remettre à des tiers, possiblement le couple Jacob. Le mobile trouverait son origine dans la haine ancestrale des Jacob contre une partie de la famille Villemin.

Dernier argument de l'accusation pour refuser son retour dans les Vosges : Marcel Jacob n'a pas encore été entendu sur le fond par la juge d'instruction. Il le sera justement le 10 novembre prochain, une semaine avant son épouse, et cinq mois donc, après leur mise en examen.

Devant la présidente de la chambre de l’instruction, Claire Barbier, Marcel Jacob devrait redire ce qu’il a déclaré aux gendarmes en garde à vue : "Je n'ai rien à voir dans cette histoire-là, c'est honteux". Sa femme, elle, n’avait pas desserré les lèvres, faisant usage de son droit à garder le silence.

Délibéré

La chambre de l'instruction de Dijon rendra finalement décision vendredi sur la demande d'assouplissement du contrôle judiciaire de Marcel Jacob.  La décision est "mise en délibéré vendredi à 16H00", a indiqué le procureur général de Dijon Jean-Jacques Bosc.

Les dates clés de l'affaire Grégory
Les dates clés de l'affaire Grégory © Visactu
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