Peut être un nouveau rebondissement dans l'affaire Grégory, ce vendredi, Murielle Bolle sera confrontée à son cousin.

Murielle Bolle doit être confrontée à son cousin ce vendredi 28 juillet 2017.
Murielle Bolle doit être confrontée à son cousin ce vendredi 28 juillet 2017. © Maxppp / Maxppp / Patrick Brument

Après plus de 32 ans, Patrick sort de son silence. Le cousin de Murielle Bolle s'est manifesté mi-juin auprès des enquêteurs, affirmant avoir assisté au "lynchage" subi par l'adolescente. Le 5 novembre 1984, la jeune fille rentre dans sa famille, elle vient de désigner son beau-frère, Bernard Laroche, comme l'auteur de l'enlèvement de Grégory Villemin. L'enfant de quatre ans est retrouvé mort par la suite dans les eaux de la Vologne. Mais le lendemain, elle se rétracte. Des coups assénés par sa famille, en serait l'origine.

"Saleté de rouquine !"

Quand Patrick arrive à la maison familiale à Laveline le 5 novembre 1984 , c'est le branle bas de combat dans la famille. Aux gendarmes, l'homme âgé aujourd'hui de 54 ans, décrit les insultes, "saleté de rouquine", les gifles administrées à l'adolescente de 15 ans par son père, sa mère, et sa sœur. La jeune fille est enfermée dans sa chambre. "Elle était en train de se faire massacrer, on l'entendait hurler" raconte son cousin dans le procès verbal que nous avons pu consulter. Plus tard, le jeune homme de 21 ans lui apporte son repas et l'interroge. "Elle m'a juré qu'elle n'avait pas menti, que Bernard avait bien pris le gamin..." explique Patrick.

Une rétractation sous la contrainte

Ce nouveau témoignage, Murielle Bolle le rejette en bloc durant sa garde à vue. Depuis sa mise en examen pour enlèvement suivi de mort et son placement en détention, elle nie avoir été frappée. Mais cet épisode, très détaillé, accrédite la thèse des gendarmes : celle d'une rétractation sous la contrainte.

Patrick "est relativement impatient de s'exprimer" explique son avocat. "Ce qu'il voudrait c'est qu'enfin la vérité émerge. [...] Il affirme haut et fort que ce revirement de Murielle Bolle quelques 24 heures après cette réunion est lié aux pressions" précise Jean-Christophe Tymoczko. Patrick espère même que ces faits soient enfin "acceptés comme étant la réalité" par sa cousine. Pourtant le récit de Patrick comporte plusieurs zones d'ombre. Son cousin parle notamment de la présence ce soir là d'un avocat, Paul Prompt, qui en réalité, n'a été saisi que le lendemain.

Autant de brèches dans lesquelles les avocats de Murielle Bolle ont bien l'intention de s’engouffrer lors de cette confrontation devant la présidente de la chambre de l'instruction à Dijon. Car depuis cette nuit de novembre, où ses aveux théâtraux se sont transformés en une rétractation fulgurante, sa version reste inchangée. Murielle Bolle a toujours soutenue que son beau-frère, Bernard Laroche était innocent.

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