[Info France Inter] Jean-Jacques Bosc, le procureur général de Dijon, a reçu une lettre anonyme le menaçant de mort. La première depuis le redémarrage de l'enquête sur l'affaire Grégory en juin dernier. La lettre a fait l'objet d'une expertise ADN.

Le procureur général de Dijon a reçu une lettre anonyme le menaçant de mort
Le procureur général de Dijon a reçu une lettre anonyme le menaçant de mort

C'est une lettre, arrivée le 11 août dernier au parquet général de Dijon. Adressée à "Mr BOSC JEAN JACQUES Procureur", écrite en majuscules, tracées avec un normographe, cette règle en plastique qu'on utilisait à l'école pour tracer des lettres ou des symboles.

TU SAURAS JAMAIS POUR LE PETIT

La page, non signée, commence par une insulte, avant de formuler des menaces plus précises : "TU PREND LA MEME DIRECTION QUE LE PTI JUGE LAMBERT. Y A UN SAC QUI T ATTEND". Une référence au suicide, en juillet dernier, de Jean-Michel Lambert, le premier magistrat instructeur de l'affaire Grégory. L'auteur anonyme prévient : "tu sauras jamais pour le petit", recommande de s'intéresser au rôle d'un journaliste dans l'affaire, avant de conclure : "JUSTICE EST FAITE POUR LAMBERT ET LES AUTRES. GENDARMES ET FLICKS A VOIR..."

Des lettres farfelues, à l'orthographe parfois approximative, il y en a des dizaines qui sont arrivées au parquet ainsi qu'à la magistrate chargée de l'instruction, depuis la relance de l'affaire en juin dernier. Certains partagent leur sentiment sur l'affaire, développent longuement leur théorie. D'autres assènent sans plus d'explications : "c'est Laroche", ou "c'est la mère". Il y a aussi ceux qui veulent aider l'enquête, comme cet d'un homme qui dit avoir des "flashs" de la mort de Grégory. Si toutes les lettres sont lues et analysées, la plupart sont classées sans plus d'investigation.

Un profil ADN masculin

C'est différent cette fois-ci : c'est la seule lettre de menaces qui lui ait été adressée, explique Jean-Jacques Bosc, joint au téléphone. Elle fait référence à des éléments précis, comme le rôle joué par un journaliste, après les déclarations de Murielle Bolle en 1984. L'auteur de la lettre est-il plus qu'un simple spectateur ?

Impossible de savoir où elle a été postée : les nouveaux systèmes d'oblitération de la Poste ne le permettent plus.
La lettre a donc été passée au peigne fin, envoyée dans un laboratoire pour analyses. L'expert vient de rendre ses conclusions : un profil ADN masculin a été isolé sur la lettre et l'enveloppe, ainsi que 13 mélanges d'ADN masculin et féminin.

Aucune correspondance n'a été trouvée avec les centaines de personnes (témoins, mais aussi experts, gendarmes, etc) dont l'ADN a déjà été récolté dans l'affaire. Un ADN inconnu, qui va donc sans doute rejoindre la riche bibliothèque de l'ensemble des traces génétiques recueillies depuis  la réouverture de l'enquête, il y a 17 ans.  

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