Ce matin à Saint-Omer, s'ouvre le procès de Fabienne Kabou, accusée d'avoir tué sa fille sur la plage de Berck-sur-mer. Retour sur une affaire qui a suscité une grande émotion.

Hommage à Adélaïde sur la plage de Berck-sur-mer
Hommage à Adélaïde sur la plage de Berck-sur-mer © Maxppp / MaxPPP

Le 20 novembre 2013, un peu avant 8 heures, un pêcheur de crevettes retrouve le corps d’un enfant sur la plage de Berck-sur-mer. C’est l’hiver, la température oscille autour de zéro degré. La filllette, couchée sur le ventre, emmitouflée dans une combinaison noire, est probablement morte depuis plusieurs heures. Mais aucune disparition d’enfant n’est alors signalée. Pendant plusieurs heures, des hélicoptères vont d’ailleurs parcourir la côte à la recherche d’éventuels autres corps - ses parents noyés par exemple.

Puis, grâce notamment aux souvenirs du gérant de l’hôtel où la mère et la fille ont séjourné, un appel à témoin est lancé : “L’enfant est susceptible d’avoir été vue à Berck le mardi 19 novembre 2013 en compagnie d’une femme à la peau noire, âgée d’une trentaine d’années, s’exprimant en langue française.” Ce matin, devant la cour d'Assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer, s'ouvre le procès de Fabienne Kabou, accusée d'avoir tué sa fille sur la plage de Berck-sur-mer.

L'enquête

On se souvient alors des images de vidéosurveillance, gare du Nord, à Paris. Fabienne Kabou promène sa fille dans une poussette. Elle s’apprête à monter à bord du train en direction de Berck-sur-mer. Cette femme de 36 ans, d’origine sénégalaise, qui a repris des études de philosophie et vit avec Michel, de 27 ans son aîné, est rapidement placée en garde à vue. Les enquêteurs découvrent alors que la fillette, prénommée Adélaïde ou Ada, n’a en réalité jamais été déclarée à l’état civil. Fabienne Kabou a accouché seule, le 9 août 2012, à son domicile.

Lorsque son compagnon revient d’une visite chez son frère malade, il découvre sa fille. Fabienne explique qu’elle a accouché à la maternité des Bluets, non loin de chez eux. Un an après les faits, il confiait ainsi à Europe 1 : “je m’en occupais quotidiennement, comme un père s’occupait d’une petite fille. Ce n’est pas du tout une fille de l’ombre.”

Il se souvient même : “c'était une petite fille merveilleuse. On l'adorait. Je me souviens même un soir, nous étions tous les trois ensemble, j'avais dit à Fabienne, dans un moment de tendresse : “si ce n’est pas ça le paradis, je ne sais pas ce que c'est”.“

Le projet macabre

Mais ce 19 novembre 2013, Fabienne Kabou quitte l’atelier avec sa fille, explique à son compagnon qu’elle va la laisser à sa mère qui prendra en charge son éducation pendant un an, au Sénégal. Elle se rend en réalité gare du Nord, s’enquiert des horaires de marées, abandonne la poussette derrière une haie. Puis se rend sur la plage, berce sa fille, l’allaite. Et la dépose sur la plage, à quelques mètres de la mer, à marée montante.

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Fabienne Kabou passe ensuite la nuit dans un hôtel de Berck-sur-mer avant de repartir le lendemain. Seule. Aux enquêteurs, elle déclare plus tard : "tout s'est enchaîné parfaitement, tout était huilé, on aurait dit que j'avais le vent dans le dos. C'était comme si je me sentais portée. Je n'arrivais pas à dire stop."

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Fabienne Kabou comparaît devant la cour d'assises, à Saint-Omer. Accusée d'assassinat, elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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