Deux juridictions différentes sont saisies des affaires dans lesquelles Nordhal Lelandais est mis en examen : Grenoble pour la disparition de Maëlys, Chambéry pour la mort du caporal Arthur Noyer.

Nordahl Lelandais a été mis en examen pour assassinat, dans le cadre de la disparition du caporal Arthur Noyer, en avril dernier à Chambéry dont les parents ont donné une conférence de presse le 20 décembre
Nordahl Lelandais a été mis en examen pour assassinat, dans le cadre de la disparition du caporal Arthur Noyer, en avril dernier à Chambéry dont les parents ont donné une conférence de presse le 20 décembre © AFP / Jean-Philippe KSIAZEK

Quatre mois jour pour jour après la disparition de Maëlys, neuf ans, à Pont-de-Beauvoisin en Isère, l'enquête se focalise autour du suspect numéro un : Nordahl Lelandais. Cet homme de 34 ans est mis en examen pour l'enlèvement et le meurtre de la petite fille, même si elle reste pour l'instant introuvable. Rebondissement dans l'affaire la semaine dernière : Nordahl Lelandais a été mis en examen le 21 décembre pour "assassinat", dans le cadre d'une autre disparition, celle du caporal Arthur Noyer en avril dernier à Chambéry. 

Malgré des éléments troublants (ADN, téléphonie, vidéo surveillance) l'homme conteste être l'auteur de ces crimes.

Cette double mise en examen a relancé l'espoir des familles de plusieurs disparus dans la région ces derniers mois : et si Nordahl Lelandais y était pour quelque chose ? On n'en est, à ce stade, qu'aux vérifications et recoupements. Notamment autour de la disparition d'un cuisinier belge en juillet dernier à Annecy, et de deux autres hommes en 2011 et en 2012, à la sortie d'un festival en Savoie.

En tout, rapporte France Bleu Saint-Etienne Loire, huit familles de disparus dans la région Auvergne-Rhône Alpes demandent à ce que des vérifications soient faites. "On a des gens qui sont en Savoie, dans l'Ain, en Isère et dans la Drôme", indique Bernard Valézy, président de la section régionale de l'Association de recherche des personnes disparues. 

Des investigations, à cheval sur plusieurs juridictions, qui s'annoncent complexes

Dans la procédure française, les juges d'instruction sont saisis "in rem", et pas "in personam". C'est à dire que le magistrat est saisi de faits, il n'est pas chargé d'enquêter sur une personne déterminée. 

Actuellement, deux instructions concernant Nordahl Lelandais sont donc ouvertes : à Grenoble sur la disparition de Maëlys, et à Chambéry sur la mort du caporal Arthur Noyer : son ADN a été identifié sur des ossements retrouvés en septembre dernier par un randonneur.

Pour une bonne administration de la justice, un des juges pourrait être dessaisi au profit de l'autre ; cela se fait à la demande du parquet et avec l'accord des magistrats. Mais à ce stade, selon nos informations, cela n'est pas envisagé. Les magistrats de Grenoble et Chambéry, qui dépendent de deux parquets différents, vont garder chacun leur affaire, avec leurs propres services de recherches. En l’occurrence, les sections de recherche de la gendarmerie.

Un éparpillement que regrette Eric Mouzin, le père de la petite Estelle, disparue en 2003. Invité de franceinfo mardi matin, il réclame des changements dans la procédure en France, pour rendre plus efficaces les enquêtes autour des disparitions : "il faudrait créer un corps de juges spécialisés, où les juges auraient une compétence plus large que celle d'un simple dossier. Nous demandons également la constitution d'un fichier des enfants disparus, qui permettrait de mettre en ligne, pour les enquêteurs, tous les dossiers, et de leur fournir des indices ou des pistes de réflexion sur des affaires similaires."

Un fichier qui n'existe pas non plus pour les disparitions inquiétantes d'adultes. C'est donc un long travail de recoupement qui se prépare autour de Nordahl Lelandais pour tous les services enquêteurs concernés, potentiellement sur tout le territoire. Les parquets, les magistrats et les enquêteurs communiquent entre eux, bien sûr. Mais sans cadre juridique spécifique, qui permettrait de garantir une circulation optimale de l'information.
 

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