Palais de justice de Rennes
Palais de justice de Rennes © MaxPPP / Thomas Bregardis

Une mère de famille a été condamnée mardi à cinq ans de prison avec sursis pour le meurtre de sa fille handicapée. Un verdict qui lui a permis de quitter la cour d'assises de Rennes libre, mais qu'elle n'accepte pas.

La cour a pourtant retenu une circonstance atténuante, celle de l'altération du discernement. En 2010, après des années à s'occuper nuit et jour de sa fille de huit ans, Méline, Laurence Nait Kaoudjt l'avait étouffée à l'aide d'une écharpe, avant de tenter de se suicider à l'aide de somnifères.

Son avocat Éric Dupond-Moretti avait appelé les jurés à l'acquitter, affirmant : "elle a tué sa fille, mais elle n'est pas une meurtrière , contrairement à ce qui a été requis. La contrainte morale intérieur existe." L'avocat général, Yann Le Bris, avait lui estimé que "même si cet enfant est handicapé, il est autonome, il a sa vie, il a son humanité. Si vous dites aujourd'hui 'elle n'est pas coupable', vous niez cette humanité ".

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À l'annonce du verdict, la mère s'en est directement pris aux jurés, en criant sa colère et son écœurement.

J'aurais mieux fait de mourir. Vous n'avez pas de coeur, vous n'avez pas compris mon geste d'amour : si, demain, vous lisez que je me suis suicidée, je vous regarde tous dans les yeux, c'est sur votre conscience.

Mais cette mère qui assure que la société se fiche du handicap a-t-elle raison ? C'est l'un des aspects les plus tragiques de ce drame. Des représentants d'associations ont ainsi appuyé ses propos lors de l'audience , sans toutefois excuser ou justifier le geste désespéré de l'accusée.

En France, les parents d'enfants handicapés manquent en effet cruellement de moyens.

Une situation qui alarme Laurent Thomas, président de l'association "Loisirs Pluriels" (au micro de Brigitte Hug)

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